3D Print Show : Comment Strakka Racing a utilisé l’impression 3D pour courir au Mans

Strakka-Racing-S103Elle a abandonnée au bout de 264 tours, mais la Dome S103 de Strakka Racing restera dans l’histoire de la course automobile pour avoir participé aux mythiques 24 heures du Mans. Ce prototype d’endurance, de la catégorie LMP2 a eu recours à l’impression 3D pour diverses pièces. Kieron Salter, fondateur de KW Motorsport, constructeur  de la voiture, est venu expliquer sur le 3D Print Show comment il a utilisé l’impression 3D pour que la voiture soit prête le jour J.

L’impression 3D, bien adaptée aux beoins du sport automobile

Le monde du sport automobile est un champ d’application idéal pour l’impression 3D. Très petites séries, moyens conséquents et surtout une course contre le temps perpétuelle pour les concepteurs, les imprimantes sont utilisées tant en Formule 1 qu’en LMP1 et LMP2, deux des formules prototypes autorisées à prendre le départ des 24 heures du Mans. Le premier jour du 3D Print Show, Kieron Salter, fondateur de KW Motorsport a évoqué le défit que lui a posé l’équipe Strakka Racing : « Nous avions 8 semaines pour résoudre un problème bien spécifique, concevoir et fabriquer les pièces de la porte. Celles-ci sont produites en fibres de carbone. »

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Kieron Salter, fondateur de KW Motorsport sur la scène du 3D Print Show Paris.

Le règlement de la FIA ayant changé, KW Motorsport a du concevoir une nouvelle porte pour la voiture. Une pièce plus importante qu’il n’y paraît car lors des près de 400 tours de la course, l’équipe doit effectuer une trentaine de ravitaillements. Les changements de pilotes sont fréquents et aucune seconde ne doit être perdue du fait d’une porte non ergonomie ou pas assez fiable. En outre, la facilité de l’extraction du pilote de son cockpit est un point important dans l’homologation de la voiture. « Nous devions réduire le plus possible ce cycle de conception et de fabrication et réduire au maximum le risque de retard et être surs que nous pourrions fournir cette pièce pour la date d’homologation de la voiture. C’est une date cruciale pour une équipe car si vous la ratez, vous ratez la course. »

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Le modèle 3D de la nouvelle porte conçue par MK Motorsport pour la Dome S103 de Strakka Racing pour Le Mans 2015.

La porte complète, avec ses articulations, trappes, mécanismes complets et équipements représente 200 pièces différentes. C’est un assemblage relativement complexe. Afin de réduire le risque de retard, KW Motorsport a fait le choix d’utiliser ses imprimantes 3D pour imprimer la porte avant de lancer sa fabrication en carbone. L’entreprise dispose de 3 imprimantes de type Stratasys FDM 400 pour réaliser des prototypes de pièces. « Nous avons donc imprimé la pièce en ABS, la réplique parfaite de ce que sera la pièce définitive. L’impression a pris 72 heures. Cela nous a permis de valider la géométrie de la porte, valider le fonctionnement des mécanismes d’ouverture, la visibilité offerte au pilote. Ca nous a permis d’avoir plus de temps avant d’envoyer la pièce en production car nous avions la garantie que celle-ci serait parfaite au moment du montage. »  La porte, d’une taille relativement imposante, a été produite en 3 pièces qui ont été collées entres-elles.

Strakka Motorsport LMP2Outre ce prototype de pièce, KW Motorsport a eu recours à l’impression titane pour les ferrures de la portes mais aussi des pièces en plastique résistant pour les conduits de refroidissement des freins. « L’impression 3D n’est pas un concept véritablement nouveau » souligne Kieron Salter. « Ma première expérience avec l’impression 3D remonte à 1998 avec des modèles produits en papier découpé couche par couche, c’était très lent mais c’était déjà de l’impression 3D. Nous nous en servions alors pour réaliser des prototypes, effectuer des tests en soufflerie. Ce qui a le plus changé depuis, c’est essentiellement les logiciels disponibles ainsi que les matériaux disponibles« . A la question du coût de cette technologie par rapport aux solutions de production traditionnelles, le fondateur de KW Motorsport souligne : « C’est vrai que le coût de l’impression 3D peut sembler élevé pour les particuliers. Dans notre monde et pour les industriels, ces technologies ne sont pas aussi horriblement coûteuses qu’il n’y paraît. Le coût d’acquisition est comparable à celui ‘une machine à commande numérique classique et la rapidité apportée par l’impression 3D à une grande valeur pour nous.« 

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