Ariane 6 n’aura pas de système d’atterrissage… pour l’instant

Ariane-6Airbus Safran Launchers vient de dévoiler une nouvelle vidéo de ce que sera le futur lanceur européen, Ariane 6. L’animation présente la configuration définitive de ce que sera la fusée européenne lors de son premier vol, prévu en 2020. Si le nouveau lanceur a des objectifs de baisse de coût des lancements de l’ordre de 40 à 50%, les européens n’ont pas choisi d’équiper leur lanceur de la capacité de revenir se poser sur terre contrairement à ce que se savent déjà faire Blue Origin et surtout son rival SpaceX. Une erreur stratégique pour Arianespace ?

Ariane 6, une fusée conventionnelle à 3 étages, construite en 2 versions

Elle ne doit voler qu’en 2020 si tout va bien et pourtant qu’elle semble traditionnelle cette Ariane 6. Celle-ci sera construite en version
5 tonnes avec 2 boosters ou 10 tonnes avec 4 boosters. Alors que SpaceX apprend petit à petit à faire revenir sur terre sa fusée Falcon 9, que Blue Origin est déjà parvenu à relancer une fusée qui est déjà parti dans l’espace, le consortium Airbus Safran Launchers a choisi de renoncer à cette capacité dans un premier temps. Pourtant l’objectif de réduction des coûts fixé par Arianespace est énorme puisqu’il faudra diviser les coût par 2 à terme. Les industriel espèrent y parvenir par la standardisation des éléments de la fusée et de nouveaux processus industriels.

Pas de système d’atterrissage prévu sur la première version d’Ariane 6 et pourtant Airbus Defense & Space travaille sur le concept depuis plusieurs années déjà avec le concept Adeline. Celui-ci est plus innovant encore que ce que les américains font puisque plutôt que d’utiliser le moteur du lanceur pour freiner la descente sur terre du première étage, l’industriel européen préfère le doter de petites ailes et d’une paire d’hélices électriques pour assurer une descente en vol semi-plané. Les ingénieurs européens estiment cette solution comme plus efficace que celle choisie par SpaceX. Le dispositif présente l’avantage de préserver le moteur de la fusée et son potentiel de fonctionnement lors de la descente. De plus, la fusée n’a pas à embarquer au décollage les ergols supplémentaires qui lui seront nécessaires au moment du rallumage du moteur pendant la descente.
Parmi les inconvénients d’Adeline, c’est le poids supplémentaire des ailes, des moteurs électriques et de leurs batteries. En outre, la solution défendue par Airbus D&S se récupère que le compartiment moteur et non pas le premier étage complet.

Airbus D&S prépare sa réponse à SpaceX, mais pas avant 2022

Ariane 6 ici dans sa version A64 pourra placer plus de 10 tonnes en orbite géostationnaire, mais pas avant 2020.

Ariane 6 ici dans sa version A64 pourra placer plus de 10 tonnes en orbite géostationnaire, mais pas avant 2020.

Interrogé lors du salon du Bourget, Benoit Isaac, chef du programme Adeline a souligné que la première Ariane 6 ne bénéficiera pas de ses travaux. Il espère néanmoins que des ailes pousseront à Ariane 6 lors de l’un des premiers « incréments » de la fusée donc en 2022, 2024 ou 2025 selon l’avancement des recherche d’Airbus D&S et sans doute la pression commerciale que SpaceX mettra à Arianespace sur ses prix de lancement.

Source : « Le look définitif d’Ariane 6 », Air&Cosmos, 28 janvier 2016

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