L’armée française choisit finalement le drone Patroller de Safran

Safran-PatrollerL’armée de terre française a finalement choisi son drone tactique. C’est le Patroller de Safran qui va rejoindre le 61e régiment d’artillerie et remplacer les Sagem Sperwer vieillissants. Le contrat, d’un montant de 300 millions d’euros porte sur la livraison de 14 drones, dont 10 appareils opérationnels, 2 stations de contrôles et 4 drones limités à l’entrainement. Ce choix du Patroller est une surprise pour les spécialistes qui s’attendaient à un choix du Watchkeeper de Thales, un drone déjà en service dans l’armée britannique. Les drones seront livrés à partir de 2018 puis ils rejoindront les théâtres d’opération où est engagée l’armée française.

Le drone Patroller de Safran préféré au Watchkeeper de Thales, pourtant favori

Le drone Spewer de Sagem / Safran - Crédit Photo : Jean-Christophe Moreau / Creative Center / Safran

Le Sperwer de Sagem va laisser la place au Patroller de Safran au 61e régiment d’artillerie de Chaumont. Le Patroller doit entrer en service à partir de 2018.

Quel revirement de situation ! Alors qu’en 2014 le chef d’état major des armées marquait publiquement sa préférence, alors que l’armée françaises étaient contrainte de lancer un appel d’offre européen alors qu’elle souhaitait acheter directement des Watchkeeper à Thales, c’est finalement Safran qui a emporté le marché. Une histoire aux multiples rebondissements puisque Airbus Defence and Space qui voulait proposer l’Artémis, un drone basé sur le Shadow 200 de l’américain fabriqué par l’américain Textron, n’a pas déposé son offre dans les temps.

D’après Reuters, outre le fait que la proposition de Safran était la moins coûteuse pour l’Etat (350 millions d’euros avaient été affecté à ce projet dans la loi de programmation militaire), le Watchkeeper aurait fait la différence sur la qualité de son optronique. Techniquement, le Patroller est un drone d’une tonne dont la plaquette marketing annonce une capacité d’emport de 250 kg pour une autonomie de 24h de vol. Il est construit sur la cellule d’un motoplaneur, le Stemme S15.  Outre son optronique, Safran a dévoilé divers emports pour son drone, notamment des pods radar ou de guerre électronique. Par contre aucun emport d’arme n’est évoqué à ce jour.

Le « Cluster Patroller » a emporté la décision face au très franco-britannique Watchkeeper

sagem euroflir 410

La boule optronique Euroflir 410 d’Optrolead (joint venture commune entre Sagem et Thales) a été testée sur le Patroller en 2014.

Le choix de Safra a-t-il été dicté par d’autres considérations, notamment industrielle ? Sagem, du groupe Safran, était déjà le fournisseur du précédent drone tactique de l’armée française, le Sprewer, maintenant obsolète. Selon des chiffres avancés par Air&Cosmos, La Patroller est fabriqué à 80 % en France, contre 30 à 40% pour le Watchkeeper franco-britannique. Safran a judicieusement joué la corde du patriotisme économique en créant le Cluster Patroller lors du Salon du Bourget 2015, ralliant au panache de son drone les 25 entreprises françaises impliquées dans le projet. Une stratégie qui rappelle le GIE Rafale qui réunit les 500 fournisseurs impliqués dans le programme du Rafale de Dassault.

 

Sources :

« Le drone tactique de Safran préféré à celui de Thales », Reuters, 21 janvier 2016

« Le future drone tactique de l’armée de terre est le Patroller de Sagem », Air&Cosmos, 21 janvier 2016

« Drone tactique : le chef d’état-major des armées veut le Watchkeeper », La Tribune, 10 novembre 2014

« Le drone Patroller intègre une nouvelle chaîne image multi-capteurs », Air&Cosmos, 16 juin 2014

 

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