Les avions de ligne voleront-il un jour en formations serrées ?

C17-en-formation-(Photo-U.S.-Air-Force-photo-by-Bobbi-Zapka)L’US Air Force vient de mener le premier vol expérimental dans le cadre de son programme de recherche « $AVE ». Deux avions de transport lourds de type C-17 ont effectué un vol entre la base aérienne d’Edwards en Californie et celle de Pearl Harbor-Hickam à Hawaï. Un vol de routine ? Pas tout à fait. Les deux gros porteurs ont en effet effectué ce vol de plus de 4.000 km en formation serrée. A l’image des oies sauvages ou des mouettes, celui qui suit le leader économise de l’énergie. L’USAF espère économiser ainsi 10 million de dollars par an de carburant si cette technique était généralisée à sa flotte. Le concept est validé par les militaires, mais sera-t-il transposable au transport aérien civil ?
Le modèle évoqué par le Docteur Donald Erbschloe, directeur scientifique de l’Air Mobility Command est clair : le monde animal. Pour expliquer le but des vols tests du programme « $AVE », celui-ci prend l’exemple des dauphins ou des oiseaux de mer qui, en volant en formation serré, parviennent à tenir l’air en ne battant des ailes qu’une fois toutes les 20 minutes. La méthode fonctionne, tous les cyclistes peuvent en témoigner et grâce à l’automatisation, celle-ci va être applicable tant dans l’automobile qu’en aviation.

Techniquement, quelques modifications logicielles ont suffi pour le C-17

En automobile, dès 1997, les premiers pelotons de voitures automatisés étaient testés sur une autoroute près de San Diego et, aujourd’hui, le programme européen SARTRE poursuit dans cette voie. En aviation, l’affaire est à la fois plus simple et plus délicate. Techniquement, les pilotes automatiques modernes sont suffisamment évolués pour mettre en place ces formations aériennes très rapidement. Seules quelques modifications logicielles ont été apporté aux 2 C-17 pour mener à bien ce vol d’essai et les gains ont été au rendez-vous. Avec une séparation entre les deux avions de l’ordre de 3.000 à 6.000 pieds (900 à 1.800 m), le gain de carburant est supérieur à 10%. L’Air Force se donne deux à trois an pour roder ses procédures de vol avant d’élargir le procédé à sa flotte. Ce que le communiqué de l’US Air Force n’évoque pas, c’est la qualité du vol de l’avion suiveur. Est-ce que pendant 6h de vol l’équipage a été secoué dans la traînée de sillage de l’avion précédent ? Il n’y a guère que les militaires qui seront prêts à tolérer ce type de traitement. En outre, pour être transposé au domaine civil, les règles de séparation entre appareils en vol devront être revues et corrigées pour les « liners ». De même que le système de détection de collision, le TCAS, devra être modifié en conséquence. Il est fort probable que des avions de transport de marchandises dronisés voleront un jour en formation, quant aux appareils chargés de passagers…

Sources :
« Inspired by nature: Innovative C-17 flight tests to save AF millions », Communiqué US Air Force, 16 août 2013
« Nature was model for innovative C-17 flight tests to save Air Force millions », NorthwestMilitary, 22 août 2013

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