Les biohackers vont s’attaquer aux visiteurs de Futur en Seine 2015 !

BiohackingL’édition 2015 de Futur en Seine seront l’occasion d’une manifestation plutôt hors du commun : une « Implant Party ». Le 13 juin 2015 à la Gaité Lyrique de Paris, les biohackers du collectif suédois BioNyFiken vont implanter des puces NFC aux volontaires. Un premier pas vers le transhumanisme où chacun pourra, d’une certaine manière, se transformer en cyborg. Implanter une puce NFC sous la peau est encore une manière limité d’augmenter les capacités du corps humains, mais beaucoup d’autres pistes sont à l’étude chez les biohackers : capteurs, robotiques, modifications d’ADN, en marge de la recherche officielle, ces activistes préparent ce que sera l’humain augmenté de demain, le cyborg.

Le biopunk, un mouvement né dans les années 90

Les habitués de Laval Virtual se souviennent certainement de la venue de Kevin Warwick en 2012. C’est l’un des pionniers du mouvement cyborg. Le chercheur de l’Université de Reading s’est notamment illustré pour s’être posé un implant directement connecté aux nerfs de son bras. Implant qui lui a notamment permis de communiquer des impulsions nerveuses à son épouse, elle-même « augmentée » d’un implant similaire connecté à lui via Internet. Kevin Warwick, mais aussi Meredith L. Patterson et son « Biopunk Manifesto » de 2010 sont certaines des figures qui ont pu inspirer le collectif BioNyFiken. L’implantation de puces NFC est un premier pas vers le transhumanisme, un premier pas que chacun peut aujourd’hui franchir car ces implants peuvent être facilement achetés sur Internet. Certains s’implantent des capteurs et les progrès de la robotique font qu’un jour proche certains feront le choix de devenir cyborg plutôt que de se contenter de leur corps d’humain.

Plus de 60 BioLabs recensées dans le monde

Le Genspace, un biolab installé à New York.

Le Genspace, un biolab installé à New York.

En parallèle avec cette marche vers le transhumanisme, la révolution du biohacking c’est aussi l’émergence du mouvement DIY dans la bio, c’est à dire l’apparition de FabLabs non plus dédiés à la mécanique, à l’ameublement, mais au vivant. Le site DIYBio a recensé une soixantaine de « FabLabs » ou plutôt « BioLabs »dédié au monde du vivant. En France, c’est La Paillasse
dont le fondateur et Président Thomas Landrin participera à l’Implant Party du 13 juin. La biologie accessible a tous ou presque, avec les même recettes que les FabLabs : du matériel de laboratoire moins coûteux, parfois fabriqué en FabLab, la recherche médicale pourrait être bouleversée par cette approche DIY.

Le mouvement est certes moins médiatisé que celui des FabLabs, mais le succès du concours annuel organisé par l’International Genetically Engineered Machine (iGEM) est impressionnant. Chaque année celui-ci voit des étudiants du monde entier s’affronter pour présenter le meilleur projet en biologique synthétique en créant des systèmes génétiquement modifiés en combinant des « bio-briques » , des fragments d’ADN standardisés a combiner afin d’obtenir l’effet recherché.

2 300 étudiant étaient allé à Boston pour défendre leur projet lors de l'édition 2013 de l'iGEM Challenge.

2 300 étudiant se sont retrouvés à Boston l’année dernière pour défendre leurs projets de biohacking lors de l’édition 2013 de l’iGEM Challenge.

La première édition de cette compétition unique a eu lieue en 2003 dans les locaux du MIT. En 2015, ce ne sont pas moins de 280 équipes de 30 pays différents. Outre les 81 équipes américaines, 104 équipes asiatiques, 72 équipes européennes présenteront un projet, dont 8 équipes françaises. Parmi elles, la Team:Bordeaux qui veut mettre au point un traitement plus écolo que la bouillie bordelaise afin de protéger la vigne contre le champignon Plasmopara viticola. L’équipe d’Evry veut « hacker » le système immunitaire  via des micro-organismes  qui vont pousser les cellules dendritiques à activer ou ralentir le système immunitaire. La présentation des résultats aura lieu fin septembre 2015.

Fablabs, objets connectés, robotique et même ADN, la biologie est s’apprête à son tour à être touchée par le mouvement DIY.

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