Des chercheurs de Harvard conçoivent la première créature biohybride

Biohybrid-RayLa « créature » fait la couverture du magazine Science cette semaine. Cette raie n’a rien d’un animal ordinaire, elle sort tout droit du laboratoire de biophysique de l’université d’Harvard. Celle-ci n’est pas un clone ni même une raie génétiquement modifiée, mais un être biohybride, créé de toutes pièces par les chercheurs. Si elle reprend la forme de la raie, cette raie ne pèse que 10 grammes et mesure que 16 mm de longueur. Il s’agit d’un véritable cyborg, un robot miniature fait de cellules cardiaques de rat et de composants synthétiques. Le premier de ce nouveau genre à la fois animal et robotique.

La raie biohybride, une lointaine héritière de l' »Hybrot »

L’idée de créer des cyborgs ex-nihilo en combinant des cellules vivantes et des machines électroniques n’est pas nouvelle. Le professeur Warwick de l’université de Reading avait déjà crée des robots contrôlés par des neurones de rats en 2008, poursuivant ainsi les recherches du professeur Potter de l’institut de technologie de Géorgie. Au début des années, le chercheur américain avait créé le « Hybrot », un robot guidé par des neurones de rat interfacés avec une puce électronique.
Avec leur raie biohybride, les chercheurs de Harvard se sont eux aussi intéressés à l’interaction entre cellules biologiques et électronique, mais plutôt que de placer un embryon de cerveau biologique dans un robot, ils ont imaginé des muscles hybrides. Leur raie ne dispose n’aucun système nerveux ni même électronique de contrôle. Celle-ci se contente de suivre une lumière mais celui-ci se déplace en ondulant son corps comme le ferait une raie biologique. Son corps se compose d’un squelette en or autour duquel un polymère reprend la forme de la raie. Dans celui-ci 200 000 cellules de rat, des cardiomyocytes génétiquement modifiés afin de réagir à la lumière. Le sarcomère (agencement de proteines) permet un positionnement précis des fibres musculaire qui permet à leur contraction de produire de mouvement ondulatoire qui permet à la raie d’avancer. BiohybridMieux, si la lumière vient de la gauche ou de la droite, la raie va tourner vers elle. Enfin, les cellules se nourrissent directement du glucose qui doit être présent dans le liquide où doit évoluer la raie.
Difficile de voir des applications directe d’un être biohybride aussi spécialisé, néanmoins, les chercheurs évoquent la création d’organes artificielles reprenant certains de ces principes de fonctionnement. Avant de voir les premiers organes semi-biologiques / semi-électroniques, ils promettent d’autres créatures artificielles. Quel sera leur prochain modèle ?

Sources :
« Heartmaker’s next step: a ray ‘biohybrid’ », Science, 8 juillet 2016
« Un robot contrôlé par des neurones de rat », Automates Intelligents, 17 août 2008
« Computing Rat-Brained Robot », Technology Review, 18 décembre 2002

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