Bras de fer Etats-Unis / Chine sur les microprocesseurs

Microprocesseur Shenwei 26010En juin dernier, le classement Top500 révélait que non seulement le supercalculateur le plus puissant au monde était chinois, mais grande nouveauté, cette machine est animée par 40.960 processeurs de conception chinoise, des processeurs ShenWei qui délivrent une puissance de 93 pétaflops. Si les ingénieurs ont fait ce choix national, c’est aussi parce que les Etats-Unis ont refusé d’exporter les Xeon réclamés par la Chine. Un embargo qui a littéralement boosté la production de microprocesseur chinois. A tel point que la Maison Blanche s’inquiète désormais de l’arrivée en masse de microprocesseurs chinois « low-cost » aux Etats-Unis.

La Maison Blanche craint une vague de composants chinois « low-cost »

Le supercalculateurs Sunway TaihuLight présente un excellent rapport puissance/consommation électrique, preuve de l'efficacité des microprocesseurs de conception chinoise qui le motorisent.

Le supercalculateur Sunway TaihuLight présente un excellent rapport puissance/consommation électrique, preuve de l’efficacité des microprocesseurs de conception chinoise qui le motorisent.

L’arrivée du Sunway TaihuLight à la tête du classement des plus puissants supercalculateurs de la planète est sans doute symbolique, mais, pour la Maison Blanche, cette annonce a une portée toute autre. Elle signifie que la Chine maîtrise la conception de microprocesseurs performants puisque la consommation électrique de ce supercalculateur n°1 du Top500 est de l’ordre de 6,05 GFlops/Watt, un excellent score si bien que de tels microprocesseurs qui pourraient rapidement se retrouver dans les serveurs et ordinateurs vendus aux Etats-Unis et en Europe si les chinois décident de casser les prix. A l’heure des drones, voitures autonomes, l’industrie des semi-conducteurs est plus que jamais stratégique pour les Etats-Unis.

La Maison Blanche vient de créer le Semiconductor Working Group, un groupe de travail devant établir les axes de recherche de l’industrie des semi-conducteurs afin de maintenir l’avance américaine sur le secteur mais aussi la sécurité nationale. Si John Holdren, responsable des sciences et technologies à la Maison Blanche ne mentionne pas nommément la Chine, il évoque des pays qui pourraient casser les coûts de développement des puces et déverser sur les entreprises américaines des composants de technologies « inférieures ». Parmi les thèmes d’étude de ce groupe de travail figurent l’informatique quantique, les réseaux neuronaux.

Sources :

« Worried about China, the US pushes for homegrown chip development », PCWorld, 1 novembre 2016

« President’s Council Launches Semiconductor Working Group », Communiqué de la Maison Blanche, 31 octobre 2016

 

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