RTX2010, le cerveau de la sonde Philae

Sonde-PhilaeLa petite sonde Philae et ses rebonds sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko a occupé la une des médias durant toute la fin de semaine dernière. Un beau succès médiatique et scientifique pour le CNES dont le programme Rosetta a pleinement atteint ses objectifs… même si la comète s’est avérée plus coriace que prévu pour les crampons de la sonde.

Philae, c’était incontestablement l’objet connecté de la semaine, mais quel ordinateur de bord animait le petit robot ?

Une plateforme conçue pour affronter le rayonnement cosmique

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L’une des deux cartes processeur DPU embarquées à bord de la sonde Philae.

x86 ou ARM ? Linux ou Windows Embedded ? Rien de tout cela en fait. Il ne faut pas oublier que la sonde Rosetta et son module Philae ont été lancé dans l’espace voici 10 ans et que temps consacré aux études et aux tests est du même ordre. Donc ne vont attendez pas à ce que ce soit un ARM octo-coeurs qui anime la petite sonde ou même un Intel Pentium des années 90. Pour leur sonde, le CNES a choisi un composant éprouvé dans les satellites, le RTX2010 de Harris/Intersil, un microprocesseur 16 bits fonctionnant à 8 MHz. Pas très impressionnant, même pour les années 90. Pourtant le microprocesseur conçu présentait quelques atouts décisifs pour monter prendre part à la mission Rosetta. D’une part sa consommation électrique n’atteint que 900 mW, on a vu que ce critère est crucial dans ce type d’expédition. Autre atout ru RTX2010, celui-ci peut encaisser jusqu’à 300.000 rads. Les rayonnements cosmiques sont le fléau des équipements électroniques spatiaux. Un processeur du commerce, très exposé par disposant souvent de très grandes mémoires cache très fragiles face aux radiations, va rendre l’âme après avoir reçu entre 5.000 et 10.000 rads.

Le CNES a donc joué la sécurité pour que Philae se réveille frais et dispo après 10 ans dans l’espace d’autant que la sonde embarque 2 cartes de traitement dans son calculateur en redondance « à chaud », la seconde carte pouvant prendre la main à tout moment en cas de défaillance de la première. Désormais, Philae est en hibernation, mais les chercheurs du CNES devrait pouvoir compter sur la sonde et ses microprocesseurs blindés dès que ses panneau solaires restants recevront suffisamment de rayon du soleil pour se réactiver.

Sources :

« Here comes Philae! Powered by an RTX2010« , TheCPUShack, 12 novembre 2014

« The Rosetta Lander Common-DPU », Site du DLR

« Command and Data Management Subsystem (CDMS) of the Rosetta Lander (Philae) », site SGF

The European Space Agency’s Rosetta
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