Une erreur de logiciel à l’origine du crash de l’A400M

A400MInterviewé ce matin sur France Inter, Fabrice Brégier, directeur exécutif d’Airbus l’a reconnu implicitement : c’est bien un problème logiciel qui a provoqué la chute de l’Airbus A400M le 9 mai dernier à Séville. La version du logiciel chargé dans les ECU de l’appareil, les ordinateurs de contrôle des 4 turbopropulseurs étaient manifestement défaillantes. Ces logiciels ont entraîné une baisse de puissance de 3 des 4 moteurs qui a poussé l’équipage a tenter un atterrissage d’urgence qui a permis de sauver 2 des 6 membres d’équipage. Un drame qui souligne le rôle prépondérant pris par le logiciel dans les appareils modernes, qu’ils soient militaires ou civils.

Une mauvaise version du logiciel des ECU aurait coupé les moteurs de l’A400M

Ce que Marwan Lahoud appelait jeudi lors d’une interview au Handelsblatt une erreur de montage comme cause du crash de l’Airbus 400M MSN23 est en fait une erreur de logiciel. Le logiciel chargé dans les ECU de cet appareil destiné aux forces aériennes turcs semblait buggé. C’est en tout cas lui qui serait la cause de la brusque perte de puissance qui à envoyé l’avion de transport au sol, tuant 4 membres d’équipage. A400M-landingLe turbopropulseur TP400 qui équipe l’avion a été la cause de plusieurs retards dans le programme A400M. Ce turbopropulseur qui est le plus puissant conçu à l’ouest est le fruit d’une coopération européenne entre Safran, Rolls Royce, l’allemand MTU et ITP. Son ordinateur de contrôle, l’ECU est l’oeuvre de Safran pour la partie hardware et de l’allemand MTU pour la partie logicielle. Le développement du logiciel embarqué contrôlant ce moteur s’est avéré particulièrement ardu pour les ingénieurs de MTU.

Dans un rapport rédigé par les sénateurs Jean-Pierre Masseret et Jacques Gautier intitulé conditions financières et industrielles de mise en œuvre du programme A400 M, les auteurs soulignent que le FADEC de l’A400M est constitué de deux calculateurs : l’ECU et un autre calculateur, l’EPMU (Engine Protection and Monitoring Unit), dédié à la maintenance. Le rapport précise que ce FADEC contrôle bien évidemment le moteur, mais aussi la régulation de l’hélice et des équipements des nacelles. Résultat, le code de l’ECU atteignait 275.000 lignes de code, à comparer aux 90.000 lignes pour les moteurs de l’A380 ou du Rafale

L’enquête va devoir expliquer comment ce code, visiblement buggé, a pu passer les tests unitaires et les tests d’intégration puis se retrouver chargé dans les ECU d’un avion prêt à prendre l’air.

Sources :

« Fabrice Brégier, Airbus : « Dans 50 ans, il y aura des avions de transport électrique » », Interview On n’arrête pas l’Eco, France Inter, 30 mai 2015

« Crash de l’A400M : Airbus reconnait « un sérieux problème de qualité » », La Tribune, 28 mai 2015

« „Ernsthaftes Qualitätsproblem in der Endmontage“ », Handelsblatt, 28 mai 2015

« Airbus demande de vérifier les systèmes de contrôle moteur », Reuters, 19 mai 2015

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