Un drone peut-il véritablement représenter une menace pour un avion de ligne ?

Crash-simulationC’est la hantise des autorité. Que se passerait-il si un drone venait à percuter un avion de ligne lors de son décollage. Les avions de ligne sont conçus pour résister à divers impacts. Le canon à poulet est un exemple de test réalisé pour s’assurer que le pare-brise d’un avion peut résister à un impact. Néanmoins pour l’instant, si à plusieurs reprises des drones ont été signalés à proximité d’avions en approche ou au décollage, aucun impact n’a eut été à déplorer jusqu’à aujourd’hui. Les chercheurs de l’université Virginia Tech ont simulé l’impact d’un quadcopter de 4 kg sur un turboréacteur. Le résultat est ravageur.

Avion vs Drone : 1 – 0

F-16 polonais

Un F-16 polonais tel que celui qui a heurté un drone le 15 septembre 2015 (Photo: Siły Powietrzne)

Le 15 septembre dernier, un F-16 polonais percutait un drone dans la région de Poznan. L’avion de combat s’en tira avec rien de plus qu’un accroc de peinture sur le fuselage et sur un réservoir dorsal.

Si le monomoteur a brillamment remporté son duel avec un drone, est-ce qu’un gros porteur a véritablement quelque chose à craindre d’un petit drone ? Pour évaluer les conséquences d’une telle rencontre, les chercheurs du labo CRASH (Crashworthiness for Aerospace Structures and Hybrids) de l’université Virginia Tech se sont livrés à une simulation informatique. Celle-ci a consisté à projeter un quadcopter de 4 kg dans un turboréacteur de 2,7m de diamètre, un moteur de long courrier. Le résultat de cette simulation est très claire : en 1/200e de seconde, les pales de la soufflante du réacteur ont volé en éclats avec des débris projetés à 1.150 km/h.

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La simulation menée par les chercheurs de Virginia Tech montre les pales du rédacteur voler en éclats à l’impact du drone. (Photo: Virginia Tech)

Suite à un tel impact, le réacteur perd immédiatement toute sa puissance et le pilote doit l’arrêter au plus vite pour éviter l’incendie. La démonstration est (virtuellement) faite qu’un drone léger est donc capable de réduire au silence un turboréacteur de bonne taille.

Heureusement, même dans un tel cas de figure, les normes de sécurité actuelles sauveraient l’appareil, un bimoteur ayant suffisamment de puissance disponible pour pouvoir poursuivre son décollage avec un seul moteur valide. Néanmoins la simulation a démontré que le danger est bien réel et le pilote du F-16 polonais a été chanceux de voir le drone rebondir sur la carlingue de son appareil et ne pas être avalé par son réacteur…

 

 

Sources :

« Simulation shows effects of drone hitting an airliner engine », UASMagazine, 5 novembre 2015

« Virginia Tech Researchers Seek Remedies for Threat Posed by Drones to Commercial Airliners », Communiqué Virginia Tech, 7 octobre 2015

« Polish Air Force F-16 jet collided with drone », The Aviationist, 7 octobre 2015

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