Grandes manœuvres industrielles autour du drone tactique de l’armée de terre

Le drone Spewer de Sagem / Safran - Crédit Photo : Jean-Christophe Moreau / Creative Center / SafranAlors que la DGA prépare son appel d’offre pour le futur drone tactique de l’armée de terre, tous les groupes de défense se positionnent. Safran, Thales et désormais Airbus Defence and Space affutent leurs offres et se sont placés dans les starting blocks lors du salon Eurosatory 2014.
Qui du Patroller, du Watchkeeper et du Shadow M2 succèdera au Sperwer le SDTI, pour « système de drone tactique intérimaire » en service ?

Le Watchkeeper de Thales favori de la compétition

L’idée de créer une filière nationale attendra. Devant l’urgence du remplacement des Sperwer vieillissants, l’Armée de Terre va devoir acheter un drone tactique sur étagère. Si, comme le souligne La Tribune, les militaires voulaient s’offrir le Watchkeeper de Thales, déjà en service dans l’armée britannique, mais le Ministère de la Défense doit passer par la case appel d’offre public pour acquérir son drone. L’appel d’offre devrait donc être lancé dans l’été, pour une décision attendue dès 2015 ; Les premières livraisons pourraient survenir en 2017 pour une quinzaine de drones livrés avant la fin de la LPM, donc 2019.

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En service outre-manche, le Watchkeeper de Thales semble survoler la compétition. Pour autant, les militaire français accepteront-ils de faire plateforme commune avec les britanniques ?

Le Watchkeeper part donc favori de cette compétition. Thales est parti de l’Hermes 450 de l’israélien Elbit et l’a vendu à 54 exemplaires à l’armée Britannique. Interrogé par Air&Cosmos, Pierre Eric Pommellet, le directeur général adjoint en charge des systèmes de mission de défense chez Thales, a souligné qu’il suffira de changer les fréquences de transmission et les algorithmes de chiffrement pour que le Watchkeeper soit mis en service dans l’Armée de Terre. Dernier atout dans la manche de Thales, son Watchkeeper est certifié et peut sillonner les cieux en dehors des zones de guerre.

Patroller, un challenger de poids

Sagem, groupe Safran, va pousser son drone Patroller dans la compétition, ici équipé de sa boule Euroflir 410.

Sagem, groupe Safran, va pousser son drone Patroller dans la compétition, ici équipé de sa boule Euroflir 410.

Face au favori, Sagem du groupe Safran aligne le Patroller. Dérivé du planeur motorisé allemand biplace Stemme S-15, le Patroller a l’air beaucoup moins agressif que le Watchkeeper, mais il ne faut pas s’y fier. Le poulain de Sagem est un aéronef de classe 1 tonne et qui a été certifié par l’EASA. Il est donc beaucoup plus lourd et que l’Hermes 450/Watchkeeper et que le Shadow M2 présenté par Airbus. Comme le pointe Challenge, Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées a souligné devant les sénateurs de la commission de la Défense que la campagne d’essai du Watchkeeper n’avait pas donné les résultats escomptés par l’armée française. Le jeu reste relativement ouvert et Safran ne va pas lasser le Watchkeeper survoler la compétition. Le français vient ainsi de boucler les essais de la boule gyrostabilisée Euroflir 410 sur son Patroller. Ainsi équipé, le frêle planeur peut survoler le théâtre d’opération pendant une vingtaine d’heures à une altitude de 20 000 pieds avec une détection et un suivi des menaces au sol automatique et une transmission vidéo au sol “sans dégradation”. Safran souligne bien évidemment que son Patroller bénéficie du retour d’expérience des 9 années d’utilisation du Sperwer par l’Armée française.

Shadow M2, le programme minimum pour Airbus DS

Airbus va aposer ses stickers et intégrer ses systèmes sur le Shadow M2 de l'américain Textron (Crédit photo: AAI Textron)

Airbus va aposer ses stickers et intégrer ses systèmes sur le Shadow M2 de l’américain Textron (Crédit photo: AAI Textron)

La compétition semblait s’orienter dans un face à face entre Thales et Safran quand, un troisième concurrent vient de s’aligner sur la ligne de départ. Un concurrent de poids puisqu’il s’agit d’Airbus Defense and Space. ADS s’est allié à l’américain Textron pour préparer son Shadow M2, un poids plume de 340 kg. Un choix quelque peu surprenant en ces temps de redressement productif. En faisant ce choix, Airbus privilégie une solution « simple » : un drone éprouvé qui sera rééquipé avec les systèmes du «Tanan», l’hélicoptère drone mis au point par Cassidian à l’époque où Airbus Defense and Space s’appelait encore EADS. Ce programme minimum mis en place par Airbus DS semble ne pas faire le poids face aux offres des deux autres géants de la défense français, mais en ces périodes de disette budgetaire, le petit Shadow M2 pourrait créer la surprise.
Rendez-vous pris pour la rentrée voir si d’autres acteurs étrangers se joignent à la compétition, puis en 2015 pour savoir quel sera le prochain drone à porter les cocardes tricolores.
Sources : “Game of Drones : qui de Safran, Thales ou Airbus équipera l’armée française ?”, Usine Nouvelle, 19 juin 2014
“Eurosatory 2014 : Airbus DS propose un Shadow M2 “francisé””, Air&Cosmos, 17 juin 2014
“Eurosatory 2014 : Sagem maintient la pression avec le Patroller”, Air&Cosmos, 17 juin 2014
“Eurosatory 2014 : Thales prépare son Watchkeeper pour la France”, Air&Cosmos, 17 juin 2014
“Airbus présente son drone tactique “francisé” à Eurosatory”, Usine Nouvelle, 17 juin 2014
“Sagem (Safran) intègre sur son drone tactique Patroller une chaîne image multi-capteurs de nouvelle génération”, Communiqué Safran, 16 juin 2014
“Drone tactique français : un appel d’offres attendu pour l’été”, Air&Cosmos, 11 juin 2014
“Défense : la France va s’offrir des drones tactiques”, La Tribune, 27 mai 2014
“Pour vendre ses drones à l’armée française, Safran joue la fibre patriotique”, Challenges, 18 octobre 2013

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