(Français) Laval Virtual 2015 : Quel device pour la réalité augmentée ?

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Google-GlassAprès l’échec des Google Glass version 1, les professionnels de la 3D s’interrogent : quel sera le device qui s’imposera comme l’ambassadeur de la réalité augmentée auprès du grand public. Les entreprises seront probablement les premières à s’équiper et déployer des applications de réalité augmentée auprès de leurs collaborateurs, que se soit pour la formation ou la maintenance industrielle. Beaucoup estiment que les lunettes seront les meilleurs devices pour utiliser la réalité augmentée, mais à l’heure où les entreprises équipent de plus en plus de leurs salariés de tablettes numériques, les entreprises pourraient les mettre à profit, en attendant les prochaines générations de lunettes.

Après la réalité virtuelle, la formation s’intéresse à la réalité augmentée

Table-ronde-Laval-Virtual-2015

La table ronde-dédiée à la réalité augmentée dans la formation sur Laval Virtual 2015.

Les applications de réalité augmentée intéressent énormément les entreprises comme un nouveau moyen de formation ou encore pour les tâches de maintenance. En superposant au réel des animations pour expliquer le montage/démontage d’un équipement ou des informations relative à l’équipement sur lequel est en train d’intervenir le technicien. Philippe David, chef de projet à la direction de l’innovation et de la recherche de la SNCF  souligne : “Quand on confie une tablette, c’est pour donner des outils de traçabilité, notamment dans le domaine de la sécurité, mais nous disposons d’une documentation technique qui est liée au matériel, les historiques de maintenance dans la GMAO (Gestion de la maintenance assistée par ordinateur). Nous avons fait le plus gros du travail. Nous allons donc pouvoir passer à la réalité au moment où il le faudra, lorsque tous les freins auront été levés. Nous l’étudions pour la maintenance du matériel roulant, pour les infrastructures, notamment pour voir l’invisible. Sur le terrain, sur les caténaires par exemple, nous pourront faire apparaître des données techniques. Il faut trouver les cas pertinents. Tous les cas d’usages ou cela le sera. Des cas d’usage peuvent aussi être trouvé côté clients ou encore côté contrôleurs“. Des freins au déploiement de lunettes de réalité augmentée, il en existe encore de multiples, comme l’échec des Google Glass a pu le montrer. Problème de batterie, de puissance embarquées, de connectivité, de qualité de la caméra embarquée, les Google Glass tout comme les lunettes de première génération étaient loin d’être des terminaux efficaces.

La technologie des lunettes connectées évolue encore à un rythme rapide

La technologie des lunettes de réalité augmentée évolue encore rapidement. Marie-Julie Pecoult, business engineer chez Diginext : “Nous avions réalisé un premier projet de réalité augmentée il y a une dizaine d’années maintenant. Quand on regarde les vidéos aujourd’hui, ça prête à sourire. Il y avait un gros casque, le PC était placé dans le dos de l’utilisateur. Nous avions arrêté l’expérience. Depuis 2/3, c’est reparti et aujourd’hui ça fonctionne. Il faut essayer, faire les bons choix industriels pour les workflow a mettre en place, choisir les bons outils pour créer les contenus de manière industriels et pas en mode one-shot”

Diginext Airbus

Airbus dispose de 200 animations 3D sur la pose et dépose d’équipements sur son A380. Leur challenge aujourd’hui, que ce soit pour le training ou la maintenance, c’est comment faire pour les avoir en réalité augmentée.

Pour Khaled Sarayeddine, co-fondateur et directeur technique de Optinvent, constructeur français de lunette de réalité augmentée, aucun doute, les lunettes sont le meilleur terminal pour la réalité augmentée : “Pour moi, les lunettes sont indispensables dès lors que l’on veut travailler en mains libres. Avec les tablettes numériques, on n’a pas les mains libres. Quand on forme quelqu’un à la maintenance, il faut qu’il puisse apprendre les mains libres, comme il sera amené ensuite à intervenir. Le passage vers les lunettes est un passage naturel.

Un passage pas si naturel pour les collaborateurs qui, lors des premiers déploiement pilotes ont traîné des pieds à l’idée de devoir porter des lunettes : “Faire porter des lunettes à quelqu’un, c’est assez difficile, même si l’application est vraiment très bien” souligne Philippe David, ” J’ai commencé ma carrière à la SNCF en travaillant sur les systèmes de reconnaissance vocale. L’argument était alors mains libres, vue libre. C’est un bon argument pour les lunettes mais un jour quelqu’un m’a dit : je me suis fait opérer des yeux, j’ai dépensé 3.000 euros pour ne plus porter de lunettes, ce n’est pas pour payer aujourd’hui 1.000 euros pour en porter des nouvelles ! C’est pour cela que dans un premier temps les usages sont très professionnels. Et les Google Glass ne marchent pas tellement bien.” Khaled Sarayeddine rétorque : “En usage professionnel, on n’a pas besoin d’avoir l’image en permanence devant les yeux. Nous avons donc imaginé un dispositif pour faire basculer l’écran vers le bas, en dehors du champ de vision.”

Les entreprises misent pour l’instant sur les tablettes numériques

Vuzix_M100Pour l’heure la SNCF déploie des tablettes, mais pourrait revoir sa position comme le précise Philippe David : “Le chemin passe aujourd’hui par les tablettes, même si les lunettes apparaissent comme une solution qui paraît idéale. Les lunettes ont un avenir à long terme. Ce sont certainement des lunettes qui seront amenées à évoluer, elles auront sans doute un design un peu différent, car se pose toujours un problème d’intégration. Il faut pouvoir les doter d’une batterie, il faut qu’elles soient légères. Si elles sont suffisamment légères, elles pourront se faire oublier, on pourra alors les porter 12h sur 24, ce sera peut-être alors la solution idéale.

Pour Mattieu Dautricourt, commercial chez EON Reality, le choix actuel des entreprises est clair : “Les tablettes et téléphones sont dans la poche de tout le monde aujourd’hui, et qui permettent d’accéder aux applications de réalité virtuelle et réalité augmentée et nos clients nous demandent des applications pour ces terminaux. Les lunettes présentent le gros avantage de pouvoir garder les mains libres, notamment pour pouvoir faire des opérations dans le même temps. C’est très intéressant mais ces technologies se développent extrêmement rapidement, des nouveaux modèles apparaissent tous les mois, mais les téléphones et les tablettes sont déjà dans les mains de tout le monde.”

Thomas Jouhanneau, consultant chez l’allemand Metaio, un spécialiste de la réalité augmenté qui compte le groupe Volkswagen parmi ses clients, souligne : “Dans l’industrie, les gens veulent avoir les mains libres, par contre il est important de savoir utiliser la bonne technologie au bon moment. Avoir les mains libres, c’est un plus et notre technologie est compatible avec les lunettes connectées, mais celles que nous avons pu tester posent encore des soucis de batterie, et d’acceptation par les utilisateurs. Des gens considèrent qu’il est ridicule de devoir porter des lunettes de réalité augmentée sur leur lieu de travail et cela va encore demander un long travail avant qu’ils l’acceptent. Nous développons la technologie de réalité augmentée et nous essayons d’être compatibles avec le plus d’appareils et de logiciels possible, même si c’est assez compliqué de suivre les évolutions actuelles. C’est à l’utilisateur, c’est aux entreprises de trouver le bon appareil.”

Le prototype de casque de réalité augmentée d'Optinvent.

Le prototype de casque de réalité augmentée d’Optinvent.

Khaled Sarayeddine, le co-fondateur d’Optivent souligne les progrès rapides réalisés dans la conceptions des lunettes de réalité augmentée : “Les technologies d’affichage et l’électronique des lunettes, très comparables à celle des tablettes numériques. Nous avons une feuille de route pour améliorer l’afficheur et l’électronique, diminuer le poids, mais on n’attendra jamais le form factor de lunettes de vision classique. C’est pour cette raison qui nous travaillons sur un concept de casque qui est mieux équilibré au niveau du poids, avec une batterie plus puissante et un bras qui amène l’afficheur au niveau du regard.

Lunette 3D, casque à visière 3D ou simple tablette numérique, la réalité va entrer en entreprise. Reste à savoir comment.

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