Optis, le français à qui Audi doit (un peu de) son image de marque

Audi-Headlights2012, Audi s’offre un spot de pub de 60 secondes lors du Super Bowl, l’émission de plus forte audience de l’année aux Etats-Unis. Le constructeur allemand a mis en scène son modèle S7 décimant des vampires avec ses phares LED. Et la star du film, ce sont bien ces phares LED qui sont devenu partie prenante de l’image de la marque Audi. Une image de modernité, d’avant-gardisme qui a participé au succès planétaire de la marque. Pour créer ces phares aujourd’hui largement copiés, les ingénieurs se sont appuyés sur le logiciel de simulation d’éclairage du français Optis.

Un signe de ralliement pour tout le groupe Volkswagen

Avec 1,45 million de voitures vendues en 2012, un chiffre d’affaires de 48,8 milliards d’euros et surtout une rentabilité de 11%, le succès d’Audi fait beaucoup d’envieux dans le secteur automobile. L’identité visuelle bien marquée de la marque n’est pas pour rien dans cette croissance record. C’est notamment le cas des optiques à LED de ses voitures, optiques qui ont été conçues par le constructeur à l’aide du logiciel SPEOS de l’éditeur français Optis.
Audi-Optis-SlidejpgUne approche que Volkswagen, propriétaire de la marque va étendre à toutes les marques du groupe comme le souligne Ludovic Manillier, chef de produit d’Optis : « Volkswagen est le groupe de référence aujourd’hui dans le secteur automobile, notamment avec sa marque Audi, avec une signature très forte pour ses différentes marques. Pour Volkswagen, on reconnait cette signature depuis la Polo jusqu’à la Passat. En 2013, cette démarche est descendue jusqu’aux marques plus abordables comme Seat, avec les feu à LED qui sont arrivés sur la Leon. »

SPEOS, la boite à outil de simulation d’éclairage

Audi, tout comme d’autres constructeurs comme Ford reprend à sa charge la conception des optiques de ses véhicules. Ces composants sont de plus en plus complexes, volumineux et importants dans le design des véhicules. Ces composants sont aussi de plus en plus couteux et, en assurant eux-mêmes leur conception, les constructeurs rééquilibrent la relation qu’ils peuvent avoir avec leurs équipementiers. Dans le cas d’Audi, le constructeur allemand utilise le logiciel de CAO Catia V5 de Dassault Systemes et, pour concevoir ses optiques SPEOS d’Optis. Il s’agit d’une suite logicielle qui comprend le module Light Modeling pour le calcul les performances des systèmes optiques, à leur validation réglementaire, Visual Ergonomics pour la simulation de l’apparence lumineuse des systèmes optiques, VRXExperience simule le véhicule dans un environnement 3D pour tester son éclairage en temps réel.Optis-Slidejpg « Il nous manquait un outil de conception géométrique, que l’on a créé directement intégré à l’outil de CAO pour éviter tous les problèmes d’échanges avec la CAO » précise Ludovic Manillier. SPEOS Optical Design vient s’intégrer à Catia V5 et il est aujourd’hui dédié à l’éclairage automobile bien qu’on ait signé un premier client dans le secteur aéronautique récemment. Le logiciel est utilisé pour les optiques mais aussi de plus en plus pour l’éclairage intérieur de plus en plus étudiés. C’est un module qui nous a demandé beaucoup d’efforts de développement puisqu’il permet de créer des surfaces que l’on ne peut créer avec les outils de CAO traditionnels, notamment ce que l’on nomme les coupures franches qui permettent d’avoir une coupure nette entre zones éclairées et zones non éclairées. » L’intégration de tous ces modules permet d’éliminer toutes les phases de transferts de données d’un logiciel à un autre (notamment via IGES) et permet ainsi de réaliser de multiples itérations pour optimiser le design 3D. En outre, le logiciel accède à une base de données de toutes les lampes et autres diodes LED ou laser du marché, avec leur géométrie et leurs performances lumineuses.

Une aide précieuse pour concevoir les guides de lumière

Audi Sport Quattro Laserlight

Les feu à diodes laser de l’Audi Sport Quattro Laserlight, star du CES 2014.

L’outil permet notamment la modélisation des guides de lumière, ces gracieuses lignes lumineuses qui ont permis à Audi de se distinguer de la concurrence pendant plusieurs mois. « A partir de quelques éléments géométriques tels que la courbe de guide, le profil et l’axe optique on peut créer tout un ensemble de prismes en fonction de quelques paramètre. C’est leur taille, le pas entre les prismes, etc. et l’outil génère l’ensemble des facettes. Ce travail de création serait considérable s’il fallait le réaliser à la main. Une fonction permet notamment d’optimiser l’angle de chacun des prismes. Le fait qu’on ait un nombre d’impacts gigantesque dans ce type de système et l’éclairage ne peut être simulé en temps réel. Mais on peut évaluer l’homogénéité, la luminance, on peut valider sous différents angles le comportement du guide de lumière. Sur la Dodge Dart qui a un très grand guide de lumière, il y a 1500 primes, mais pour certains, ils simulent jusqu’à 40.000 prismes ! » conclut Ludovic Manillier.
Si l’Audi Sport Quattro Laserlight et ses diodes laser sera la star du CES de Las Vegas cette année, c’est peut-être aussi un peu grâce au toulonnais Optis.

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