F-35 : le Pentagone tape du poing sur la table

F-35 Stealth FighterL’annonce d’un nouveau report de 13 mois de l’entrée en service par les US Marines du F-35B Lightning II  semble avoir été la goutte qui fait déborder le vase. Le rapport que le Pentagone doit remettre au Congrès américain dans une semaine a atterri sur le bureau d’un journaliste de Reuters. Et ce rapport est incendiaire. Outre le manque de fiabilité, de maintenabilité et les performances décevantes de l’appareil en l’état, le rapport pointe le niveau de performance inacceptable du logiciel embarqué de l’avion. Actuellement, moins de 50% des fonctionnalités ont été développées et Lockheed Martin a obtenu 13 mois de plus pour boucler la version Block 2B du logiciel exigée par les Marines pour réceptionner l’appareil, une version du logiciel embarqué pourtant intermédiaire…

Un programme majeur à la dérive sans fin

Démonstrateur-cockpit-F-35

Le démonstrateur du cockpit du F-35 tel qu’il existait déjà en… 2008

392 milliards de dollars, budget en dépassement de 70%, une entrée en service initialement prévue pour 2012 et qui pourrait bien avoir lieue en 2015, le programme F-35 accumule retards depuis son lancement. Un grand classique des coopérations internationales et des programmes militaires modernes. Problèmes électriques, de refroidissements, de moteurs, le programme a connu de multiples péripéties, mais c’est le développement du logiciel embarqué qui est au centre des préoccupation du lieutenant général Chris Bogdan, le responsable du programme pour l’USAF. Depuis plusieurs mois, ce dernier tire la sonnette d’alarme sur les retards pris dans le développement du logiciel embarqué de l’appareil.

Des capacités revues à la baisse pour les Marines

F-35B

Le F-35B à décollage vertical des Marines recevra une version transitoire de son logiciel en 2016… si tout va bien.

La situation est critique puisque déjà une centaine d’appareils sont déjà sortis des chaînes de production et les développement du logiciel n’est pas suffisamment avancé pour que l’avion puissent entrer en service. Déjà, Bogdan a du transiger et accepter une version partielle du logiciel, le standard Block 2B qui permettrait aux Marines de commencer à utiliser la version F-35B à décollage vertical qui viendra remplacer ses AV-8B Harrier vieillissants. Parmi les fonctions logicielles évoquées dans le rapport du Pentagone et qui posent encore problème figurent la fusion des données radar, du système de guerre électronique, l’optronique, le viseur de casque et encore le datalink (système de transmission de données). Bref, le logiciel embarqué est loin d’être achevé et l’avion ne peut visiblement pas être piloté en l’état comme le précise le rapport : « The current software generated too many nuisance warnings and resulted in poor sensor performance. » Même l’ALIS (Autonomic Logistics Information System), le système de maintenance automatisé n’est pas encore au point. Lockheed Martin va devoir mettre les bouchées doubles pour que les Marines puissent toucher leurs premiers F-35B en 2016. La première version complète du logiciel embarqué, la Block 2i est prévue pour 2018, quant à la version 3F qui devrait remplir enfin le cahier des charges établi en 2001, c’est une autre histoire.

Roadmap du développement du logiciel embarqué du JSF/F-35 présentée en 2011

August 2011 JSF brief by bsweetman56


Sources : « Exclusive: Pentagon report faults F-35 on software, reliability », Reuters, le 23 janvier 2014

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