Un chasseur F-35 piloté par la pensée, info ou intox ?

F35-simulatorTous les fanas d’aviation connaissent « Firefox, l’arme absolue », ce film des années 80 où Clint Eastwood s’enfuyait d’URSS aux commandes du Firefox. Ce chasseur soviétique dernier cri, aux performances encore inégalée aujourd’hui disposait notamment d’un système d’armes commandé par la pensée… pour peu que l’on sache penser russe. Une pure fiction produite en pleine guerre froide, mais l’interface neurale de Mig-31 fictif pourrait bien être une réalité un jour. Jan Scheuermann, une tétraplégique équipée d’implant neural, a récemment voulu essayer de piloter des avions en simulateur. Bien que n’étant pas pilote, elle a pu prendre les commande d’un petit monomoteur Cessna, mais aussi celles du tout nouveau chasseur F-35.

Après le bras robotique, Jan Scheuermann s’attaque aux simulateurs de vol

Les pilotes de chasse se devront-ils un jour se faire poser un implant cérébral à l’école de l’air avant de prendre les commandes des avions de chasse du futur ? Ce sera peut-être le prix à payer pour ne pas être remplacé par un drone… En tout cas, la DARPA s’intéresse à la technologie et teste activement avec le Johns Hopkins Applied Physics Lab ce type d’interface. Paralysée des quatre membre, Jan Scheuermann a été équipée d’un implant sur le cerveau voici quelques années. Via ces électrodes, cette tétraplégique a pu prendre le contrôle d’un bras robotique. Désormais, c’est au pilotage sur simulateur qu’elle s’est attaqué, avec un certain succès.

Un F-35 piloté par la pensée ?  Ce n'est pas pour tout de suite.

Un F-35 piloté par la pensée ? Ce n’est pas pour tout de suite.

Un succès selon la presse, mais un succès très relatif lorsqu’on regarde les images du Johns Hopkins Applied Physics Lab  diffusées par le Washington Post relativisent en effet l’expérience. Jan Scheuermann n’a pas pris les commande d’un véritable simulateur de F-35. Les images font plutôt penser à un simulateur grand public réglé à un niveau de réalisme assez faible. Quant aux images du vol, on constater que la précision du contrôle est très grossière. On imagine mal pouvoir contrôler ainsi un vrai appareil, notamment à l’atterrissage. Quant à apponter un avion quelconque sur un porte-avion, cela semble mission impossible. Des progrès significatifs doivent encore être réalisé avant d’obliger les pilotes de chasse à se faire poser un connecteur sur le cerveau. Paradoxalement, les résultats obtenus par l’équipe PhyPA de l’Université de Berlin et son projet BrainFlight, qui n’utilise qu’un casque EEG bien moins invasif, sont plus impressionnants que l’opération de comm. du Johns Hopkins Applied Physics Lab.

Source : « A paralyzed woman flew an F-35 fighter jet in a simulator — using only her mind », The Washington Post, 3 mars 2015

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