Les hackers, dernier rempart avant la civilisation marchande ?

Amazon-Dash-Button-HackA l’heure où des dizaines de million d’exemplaires de Windows 10 et ses fonctions intégrées de spyware ont remplacé Windows 7 et 8, que les objets connectés sont conçus pour vous simplifier la vie et accessoirement alimenter les bases de données Big Data des industriels, le moindre geste de notre quotidien va être détecté, stocké, analysé, au profit des marketeurs. Un grain de sable pourrait bien se glisser dans cette belle mécanique : les hackers.

Peu protégés, les objets connectés peuvent être détournés de leur usage initial

L'analyse du trafic réseau des Amazon Dash Buttons a permis au hacker d'identifier les messages envoyés par ces boutons connectés.

L’analyse du trafic réseau des Amazon Dash Buttons a permis au hacker d’identifier les messages envoyés par ces boutons connectés.

Diplômé du MIT et co-fondateur de Cloudstitch, Ted Benson est un hacker dans l’âme. Un hacker, pas un pirate informatique.  Il aime hacker des objets du quotidien pour les améliorer, en détourner l’usage. Il s’est récemment intéressé à l’Amazon Dash Button. Il s’agit du bouton connecté qu’Amazon aimerait bien vous voir coller un peu partout dans votre cuisine. Avec ce bouton aux couleurs d’une marque, d’un produit, vous pouvez passer commande du produit en question sans même aller sur votre PC ou sortir votre smartphone de votre poche. Un ingénieux petit dispositif  dont Ted Benson a analysé le protocole de communication. Un protocole simple et pas protégé qu’il est aisé de détourner pour inventer toute sorte de dispositifs. Lui, a choisi de connecter le bouton connecté Amazon à une feuille Google Spreadsheet, une spécialité de Cloudstitch, mais nul doute que de nombreux makers tireront profit de ce bouton connecté à 5 dollars seulement dans des applications moins mercantiles que celle imaginé par Jeff Bezos.

John Deere face aux makers

Matthew-Reimer-vs-John-Deere

Construire soi-même un tracteur autonome, c’est possible. Matthew Reimer l’a fait avec des logiciels de contrôle de drones.

Autre exemple de hack, celui réalisé par Matthew Reimer sur un tracteur John Deere. Le constructeur américain de matériel agricole s’est mis à dos plus d’un agriculteur et  communauté de makers. Tout comme certains constructeurs automobile, l’industriel a couvert ses logiciels embarqués de brevet qui, si on applique les conditions d’usage de ses tracteurs interdisent formellement à ses clients de réparer leur tracteur et modifier son code. L’américain est très avancé dans la robotisation et entend bien blinder son avance technologique. Qu’à cela ne tienne, Matthew Reimer a décidé d’automatiser lui-même son tracteur. Cela semble totalement impossible pour un homme seul, et pourtant, après de multiples essai son tracteur sillonne ses champs avec son guidage GPS.

Le secret de Matthew Reimer, c’est de s’appuyer sur des solutions destinées pour les drones qu’il a connecté à divers actionneurs qui pilotent ce tracteur tout à fait classique. Un boitier Pixhawk sous Linux couplé aux logiciels MAVProxy pour le contrôle du tracteur depuis un PC, APM Rover et MissonPlanner.  Le montage est pour le moins artisanal mais le concepteur du dispositif a montré dans ses vidéo que le système est effectif. Une belle leçon donnée par le hacker au bataillon de développeurs de John Deere.

Sources :

« Amazon’s $5 Dash Button Already Hacked To Do Other Stuff Beyond Giving Amazon Money », TechCrunch, 17 août 2015

« How I Hacked Amazon’s $5 WiFi Button to track Baby Data », Medium, 10 août 2015

Commentaires Facebook
Twitter Facebook Plusone Pinterest Linkedin
Ce contenu a été publié dans Automobile, Logiciel embarqué, Robotique, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.