Lancement des recherches pour faire entrer les humanoïdes chez Airbus

Robot-HRPL’annonce a eue lieu aujourd’hui même à l’ambassade de France de Tokyo. le laboratoire franco-japonais de robotique, le Joint Robotics Laboratory, va mener un programme de recherche avec Airbus Group. L’objectif de ces 4 années de recherche sera de faire entrer les humanoïdes sur les lignes d’assemblage de l’avionneur. Car si Airbus a commencé à introduire des robots et quelques humanoïdes dans ses ateliers, ceux-ci restent rivés à leurs postes de travail. Les chercheurs vont écrire les algorithmes qui vont leur permettre de se déplacer dans les halls de montage et dans les carlingues en cours de montage.

L’humanoïde, un robot polyvalent et agile intéresse Airbus

Les chercheurs du CNRS et de l’AIST (l’institut national des sciences industrielles avancées et de technologies japonais), regroupés dans le JRL, vont travailler avec les ingénieurs d’Airbus pour développer ces logiciels qui vont permettre d’utiliser les humanoïdes dans le montage des avions. Pour atteindre cet objectif, il va falloir apprendre à ces robots qui ont déjà du mal à marcher à se déplacer dans des endroits exigus, grimper à des échelles, marcher sur des surfaces irrégulières sans heurter les objets et les compagnons qui vont travailler à leurs côtés. Un véritable défi technique qui empêche pour le moment aux humanoïdes de quitter les laboratoires.

Robot-HRP-echelleDans le cadre du financement européen Horizon 2020, le projet de recherche du JRL Comanoid (Multi-contact collaborative humanoids in difficult access airliner
assembly line operation) va trouver dans les halls d’assemblage d’Airbus le champ d’application idéal de ces algorithmes.

Le communiqué du CNRS souligne les difficultés posés par un tel environnement, mais aussi l’intérêt de s’appuyer sur des humanoïdes pour monter des avions de ligne. Contrairement au secteur automobile où les robots répètent inlassablement les même tâches sur un grand nombre d’exemplaires, le montage d’un avion de ligne se caractérise par le faible nombre d’exemplaires produits et une grande diversité de tâches à accomplir. Néanmoins, la taille d’un Airbus implique de devoir travailler sur des passerelles, grimper à des échelles où, au contraire, se faufiler dans des passages étroits ou un fuselage encombré de multiples câbles et d’équipements. Grâce aux avancées réalisées par le JRL, les robots humanoïdes peuvent réaliser des déplacements multi-contact, c’est à dire s’appuyer sur un mur ou une table pour se déplacer dans des endroits trop exigus pour rester debout. Ces modes de déplacement ont déjà été expérimentés sur des robots HRP-2 et HRP-4

Plus polyvalents que les robots industriels « classiques », les humanoïdes vont ainsi pouvoir adopter diverses postures afin de placer des pièces dans les structures, serrer des écrous éventuellement réaliser des mesures. Le communiqué officiel ne mentionne pas dans quels ateliers seront réalisés les tests, ni même quelles chaines de montages verront débarquer les humanoïdes. Le communiqué évoque tant l’activité Aviation Civile que l’assemblage des hélicoptères, et encore l’activité spatiale. Il faudra toutefois être patient avant de voir des nuées de robots s’affairer sur un Airbus A380, ou plutôt le successeur de l’A380 puisque les chercheurs estiment que les robots qui seront conçus suite à ce programme n’apparaîtrons pas avant 10 à 15 ans.

Sources :

« Les robots humanoïdes se mettent au travail », CNRS Le Journal, 12 février 2016

« Des robots humanoïdes dans les usines aéronautiques de demain », Communiqué de presse du CNRS, 12 février 2016

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