HUULC, le projet fou d’un drone cargo de plus de 2.000 tonnes

AVIO-AERO-joins-PUCADes drones géants chargés de containers vont-ils sillonner les airs dans les années à venir ? L’association PUCA (Platform for Unmanned Cargo Aircraft) imagine les drones du futur, des drones optimisés pour transporter des containers standard dans des conditions bien plus économiques que les avions cargos actuels. L’objectif est de rendre le transport aérien aussi compétitif que les cargos « marins » à l’horizon 2030.

Un projet d’étude qui unit industriels, recherche publique et militaires

Si les médias se passionnent pour les projets d’Amazon et de Google sur des services de livraison par drones, le PUCA étudie de son côté des drones autrement plus impressionnants. Cette association regroupe des universités, des représentants de l’armée néerlandaise, la KLM, ainsi que divers industriels dont Fokker, Airbus Defense & Space et, dernier arrivé dans ce groupement l’italien Avio Aero, filiale de General Electric. Ces travaux portent tant sur le Business Model de tels drones de transport, leur exploitation future et, bien évidement, les caractéristiques techniques de ces drones.

HUULC-concept

HUULC, pour Hydrogen-powered Unmanned Ultra Large Cargo est le projet phare du PUCA. Un appareil tel qu’aucun ingénieur aéronautique n’osait imaginer jusqu’à aujourd’hui.

Divers types de drones sont déjà sortis de l’imagination des ingénieurs du PUCA. Parmi ceux-ci, le HUULC est certainement le plus impressionnant. Acronyme de Hydrogen-powered Unmanned Ultra Large Cargo aircraft, ce drone géant doit être propulsé par 8 turbopropulseurs à hydrogène. Un carburant plus écologique mais aussi plus efficace que le kérosène qui permettrait au HUULC de parcourir 6.000 km avec 100 containers « 20 pieds » standard à bord. Pour parvenir à un tel exploit, l’HUULC devra pouvoir prendre l’air à une masse de l’ordre de 2.100 tonnes. Un tour de force alors que la version cargo du Boeing 777F (F pour « Freighter ») peut décoller jusqu’à 347 tonnes, tandis que l’Airbus A380F, qui n’a finalement jamais été construit, devait peser jusqu’à 590 tonnes au décollage.

Selon les membres du PUCA, les drones feront mieux que ces avions cargos traditionnels, qui sont dérivés de gros porteurs conçus pour le transport de passager. D’une part, les opérateurs n’auront plus à gérer (et payer) les équipages mais l’absence de poste de pilotage et donc de pressurisation du fuselage peut permettre d’alléger l’appareil de 10 à 20%. D’autre part, plus besoin de concevoir un appareil où l’accès aux issues de secours doit être rapide. Il devient possible d’opter pour des formules aérodynamiques bien plus intéressantes que les fuselages actuels. Le HUULC par exemple se présente avec un fuselage aile très large, capable bien plus de centenaires que s’il était conçu de manière classique. En outre, les logisticien apprécieront, ces avions ne sont plus conçu pour transporter des containers aviation légers en soute mais les bon vieux container standard 20 pouces comme on trouve dans tous les ports du monde.

ATLAS doit faire 75% de mieux qu’un Boeing 747

Le concept ATLAS, un drone de transport de moyen tonnage.

Le concept ATLAS, un drone de transport de moyen tonnage.

Si le HUULC est conçu pour des vols intercontinentaux, les membres du PUCA étudient aussi des appareils moins imposants, dont l’ATLAS. L’avion, là encore, dispose d’un fuselage large, mais il est propulsé par 2 réacteurs placés en position haute, à l’arrière de l’appareil. L’objectif de ce concept est d’abaisser le coût de transport de 75% par rapport au Boeing 747 actuel. L’absence de pressurisation permet en effet d’envisager des vols au-dessus des 12.500 m qui constituent le plafond maximal des avions de ligne actuels. Optimisé pour voler au-delà, l’appareil fera face à une résistance de l’air plus faible et consommerait ainsi moins de carburant.

L’échec du Pelican, un ULTRA (Ultra Large TRansport Aircraft) de 1.400 tonnes proposé par Boeing au début des années 2000, montre que la demande d’avions de transport ultra lourds est potentiellement très faible, voire inexistante. Elle n’a pas justifié la construction d’une version « F » de l’Airbus A380 et l’avion de transport le plus lourd actuellement, l’Antonov An-225 Mriya, avec ses 640 tonnes au décollage, n’a été construit qu’à un seul et unique exemplaire. La « dronisation » de ces géants des airs les rendra-ils plus attractifs d’un point de vue économique ? Rendez-vous en 2030.

Sources :

« Avio Aero Joins the Platform for Unmanned Cargo Aircraft (PUCA) », Communiqué PUCA, 7 septembre 2015

« The HUULC, Design of a Hydrogen-powered Unmanned Ultra Large Cargo aircraft », Communiqué PUCA, 1 juillet 2015

« ATLAS, an Unmanned Medium Ranged Containerized Cargo Freighter », Communiqué PUCA, 1 juillet 2015

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