L’industrie française est-elle en train de passer à côté de la « robolution » ?

StaubliAprès être passé à côté de la première révolution robotique, les industriels français vont-il rater la seconde ? Les prévisions du cabinet Xerfi sur le futur du marché français de la robotique laissent entrevoir une forte croissance pour la robotique de service, mais sont bien plus modeste en ce qui concerne la robotique industrielle. Le vaste plan de robotisation initié par Arnaud Montebourg en 2013 semble notoirement insuffisant pour que la France garde son rang dans le concert des nations robotisées. Quant à refaire notre retard sur l’Allemagne ou l’Italie, cela semble totalement irréaliste.

1,5% de croissance annuelle seulement pour le marché français du robot industriel

Chiffre d'affaires des opérateurs de robotique industrielle en France (Source: Xerfi 2015)Le communiqué de presse du cabinet d’études Xerfi se veut optimiste, l’auteur titrant : « La France a des cartes à jouer dans la « robolution ».  Si l’auteur reconnait que la France a raté le virage de la robotique industrielle ces dernières années, il estime que la nouvelle vague liée au robots collaboratifs, les cobots, donne en quelque sorte une nouvelle chance aux industriels français de s’équiper. Moins coûteux, plus simples à mettre en oeuvre, notamment par les PME, ces cobots sont en effet une belle opportunité pour nos entreprises, globalement de plus petite taille que leurs concurrentes allemandes, de refaire ce retard. Pierre Paturel tient compte de ce paramètre dans ses prévisions. Alors que le marché français des opérateurs de robotique industrielle stagne depuis 2011 entre 107,4 millions et 108,7 millions d’euros, l’analyste de Xerfi estime que celui-ci passera à 119 millions… à l’horizon 2020. Un taux de croissance annuel moyen de 1,5%, certes meilleur que le rythme actuel mais bien loin du rythme de nos grands concurrents. Selon les derniers chiffres de l’IFR (International Federation of Robotics), les ventes de robots industriels au Japon, Chine, USA, Corée du Sud et Allemagne s’accroissent de 9,5% par an depuis 2008. En Europe, les ventes se sont accrues de 4,5% sur la même période. L’objectif du plan Montebourg de placer la robotique comme moyen de lutter contre la désindustrialisation du pays ne porte pas ses fruits. Les 300 millions d’euros de prêts bonifiés de la BPI ne suffisent pas à convaincre nos PME d’accélérer leur robotisation.

La France peut tirer son épingle du jeu sur la robotique de service

CA-des-entreprises-françaises-spécialisées-en-robotique-de-service,-Xerfi-2015Si le futur de la robotique industrielle en France semble bien peu encourageant, celui de la robotique de service, bien moins mature, est bien plus favorable. Celui-ci reste bien plus ouvert aux startups et la France en regorge dans ce domaine de la robotique de service qui va voir de multiples nouvelles applications apparaître. Pierre Paturel estime que ce marché, qui atteignait 426 millions d’euros (matériels et services) en 2013, un peu moins de 490 millions en 2014 sera de 1,46 milliard d’euros à l’horizon 2020. Une croissance annuelle de 20% par an, notamment tirée par nos startups. Xerfi avait identifié 40 jeunes pousses dans ce secteur en 2015. La France nouvelle « Californie de l’Europe » sur ce segment des robots de service à usage personnel ? On aimerait y croire.

Sources :

« Robotique industrielle et de service : analyse du jeu concurrentiel et perspectives du marché à l’horizon 2020 », Etude Xerfi, 2 mars 2015

« 2013: The highest number of industrial robots ever sold », Communiqué IFR 2014

 

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