Innorobo 2016 : RB3D va présenter son cobot de nouvelle génération

Serge Grygorowicz - RB3DChampion français de la robotique collaborative, RB3D compte présenter un cobot de nouvelle génération créé en coopération avec le géant du BTP Colas lors d’Innorobo 2016.

Comme l’a souligné Serge Grygorowicz, le PDG de la startup, l’exosquelette de RB3D arrive en phase ultime de son développement, celle de sa mise sur le marché. Ce cobot civil précédera de quelques semaines la première présentation publique la version 4 d’Hercule, son exosquelette.

Le cobot prend en charge les efforts, mais laisse l’intelligence aux humains

RB3D, ce sont 18 passionnés positionnés sur le marché naissant de la cobotique. La startup aujourd’hui basée à Auxerre a vendu ses cobots dans l’industrie, notamment dans les fonderies et forges où les opérateurs doivent effectuer d’importants efforts physiques.  « L’humain doit rester au cœur du processus » estime Serge Grygorowicz, « Le cobot vient aider son geste et prendre à sa charge les mauvais côtés du travail, c’est à dire les efforts, les vibrations en laissant à l’humain la capacité de conduire le geste intelligemment. »

Hercule-HV1-2-3L’aventure RB3D remonte à 2009. Avec l’aide de la DGA, ses fondateurs se lancés à la poursuite des américains et des japonais. « Le projet américain d’exosquelette Ekso Bionics était très beau, mais il était basé sur l’hydraulique. Nous nous sommes dit que cela ne pourrait pas fonctionner car cela allait nécessiter beaucoup d’énergie car l’hydraulique présente un mauvais rendement. Notre idée était de concevoir un exosquelette tout électrique. L’exosquelette japonais de Cyberdyne était un très bon projet pour le secteur médical mais fonctionnait avec des électrodes. De par notre expérience en tant que sous-traitants ans le domaine de la mécatronique, nous savions que cette approche n’est pas facile à calibrer et que les réglages doivent être ajustés tout au long de la journée. Nous avons décidé de créer un exosquelette sans électrodes.

Le projet Hercule a été financé dans le cadre du programme RAPID (Régime d’APpui à l’Innovation Duale) de la DGA. « La première version assemblée en 2009 était un monstre de 56 kg sans batterie ni cerveau incapable de porter la moindre charge. En 2012, nous avions bien progressé avec un exosquelette de 48 kg qui pouvait marcher seule, sans cordon ombilical et porter 16 kg. Avec HV3, en 2014 l’exosquelette ne pesait plus que 32 kg et lever une charge de 40 kg. » Cette machine a été présentée sur Innorobo en 2014 et les visiteurs ont pu l’essayer, ce qui était une grande première dans le domaine des exosquelettes.

Oublié le cobot anthropomorphique, place au cobot ultra-spécialisé

Le cobot conçu par RB3D pour Colas.

Le cobot conçu par RB3D pour Colas.

C’est lors de cette édition d’Innorobo que le fondateur de RB3D est entré en contact avec Colas. Un partenariat s’est noué sur l’utilisation du cobot dans l’étalage du bitume sur les routes. Il s’agit d’une tâche extrêmement physique qui voit l’opérateur d’étaler jusqu’à 35 tonnes de bitume par jour avec un râteau. « Notre projet était de prendre la version 3 de notre exosquelette Hercule et y fixer le râteau. Les essais ont eu lieu en fin d’année 2014 et ce fut un échec. La machine était lourde, trop complexe et perturbait énormément le travail des utilisateurs. C’était une impasse, et en 2015, nous avons décidé de revoir notre manière de traiter le problème. » Les ingénieurs d’RB3D ont alors étudié une machine plus spécialisée, mais bien plus simple et plus légère que son exosquelette anthropomorphique. Ceux-ci ont créé un râteau électrique appuyé sur 2 pattes. Ce cobot a pu être testé avec succès par Colas à Genève en décembre 2015 et sa version définitive sera présentée lors du salon Innorobo 2016. Celle-ci sera capable de travailler pendant 4 heures de rang, ne pèse plus que 17 kg et se montre capable de pousser 40 kg de bitume. Tout à été divisé par 3 : le poids, le prix et, dans le même temps, la puissance a été multipliée par 3. Une collaboration similaire avec PointP va engendrer la création d’un exosquelette spécialisé dans le transport de charges.

Serge-Grygorowicz, PDG de RB3D

Serge-Grygorowicz, PDG de RB3D : « l faut arrêter de fantasmer sur l’armure d’Iron Man… pour l’instant »

« Nous avons revu notre approche de l’exosquelette et revenu d’un cran en arrière » explique Serge Grygorowicz. « Essayer de faire des exosquelettes anthropomorphiques avec des hanches, genoux, chevilles pour reprendre des charges donne des machines extrêmement compliquées, disposer des semelles avec des capteurs de pression est très perturbant et difficile à utiliser pour l’opérateur. Nous proposons aujourd’hui un nouveau paradigme d’exosquelette. Nous avons enlevé les semelles à capteurs pour privilégier une activation directe. »

Pour la prochaine version 4 d’Hercule qui sera présentée sur le prochain salon Eurosatory en juin, les ingénieurs ont revu leur copie. « L’idée est de descendre la charge directement  au sol afin d’avoir une machine beaucoup moins encombrante. Le poids a été divisé par trois, la capacité de charge multipliée par 2,5. » L’architecture hanches/genoux/chevilles a fait place à un seul système télescopique. L’absence de semelle facilite la marche et un lien flexible entre l’exosquelette et l’utilisateur permet à l’exosquelette de suivre le mouvement sans entraver le porteur. « Les exosquelettes actifs vont améliorent les conditions de travail, augmenter la productivité à condition qu’on les conçoivent pour la tâche à accomplir. Il faut arrêter de fantasmer sur l’armure d’Iron Man… pour l’instant » conclut Serge Grygorowicz.

Commentaires Facebook
Twitter Facebook Plusone Pinterest Linkedin
Ce contenu a été publié dans Robotique, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.