Une intelligence artificielle peut-elle avoir un réel talent artistique ?

SeuratQuantifier la créativité, le génie d’un artiste avec un algorithme, c’est le défi que se sont lancés Ahmed Elgammaly et Babak Salehz, deux chercheurs du laboratoire d’art et l’intelligence artificielle de l’université de Rutgers dans le New Jersey.

Via leur algorithme d’analyse d’image, ceux-ci ont cherché à évaluer et noter précisément la créativité de 1 710 œuvres. L’approche peut être discutable et choquer les historien d’art, mais elle présente l’intérêt d’une objectivité toute mathématique. Résultat, l’algorithme porte aux nues des artistes comme Michel-Ange, Vermeer, Goya, Mondrian, Picasso ou Lichtenstein alors que les œuvres de Durer, Ingres, Rodin obtiennent les notes les plus basses. Et si les algorithmes peuvent jouer les critiques d’art, il peut aussi prendre les pinceaux !

Google fait tourner ses algorithmes de reconnaissance d’image… à l’envers

Une image générée par les réseaux neuronaux mis en oeuvre par Google.

Une image générée par les réseaux neuronaux mis en oeuvre par Google.

L’idée des chercheurs de Google est simple : exploiter les réseaux de neurones utilisés par Google pour la reconnaissance d’image à l’envers, non plus pour lire des images, mais pour en générer de nouvelle. Le résultat est plutôt psychédélique, les images générées par l’intelligence artificielle représentent des combinaisons d’images conjugués avec des effets vidéos colorés. Le style a été baptisé l' »Inceptionism » par les chercheurs qui ont même mis en ligne une galerie de leurs plus « belles » oeuvres. Les historiens d’art retiendront ce mouvement artistique dans l’histoire de l’art…

Google privilégie la créativité, Facebook recherche un certain réalisme

Piqués au vif par la publications de leurs rivaux, les chercheurs de Facebook ont levé à leur tour le voile sur leurs recherches. Eux aussi on eut l’idée d’exploiter leurs algorithmes de Deep Learning à l’envers, pour créer des images.

Le modèle LAPGAN créé par les chercheurs de Facebook.

Le modèle LAPGAN créé par les chercheurs de Facebook.

Les chercheurs expliquent que si ces algorithmes d’intelligence artificielle sont efficaces pour reconnaître des formes, classifier des images, ils se montrent beaucoup moins à l’aise lorsqu’il s’agit de création. L’approche étudiée par Emily Denton de l’université de New-York et Soumith Chintala, Arthur Szlam et Rob Fergus chercheurs en intelligence artificielle chez Facebook est un peu différente. Les modèles créées par ces chercheurs, baptisés Laplacian Pyramid of Adversarial Networks (LAPGAN) apprennent littéralement à générer une image à partir d’images du même thème. On « montre » une série d’images de bateaux au logiciel et, après cet apprentissage, l’algorithme est capable de générer une image de bateau crédible. Une image suffisamment réaliste pour tromper 40% des humaines auxquels elle est présentée.
Peut-on qualifier d’œuvres artistiques ces images nées dans les réseaux neuronaux d’une intelligence artificielle ? Celles-ci ne doivent rien au hasard. Peut-être faudrait-il laisser un autre algorithme, celui de l’université de Rutger, juger de leur créativité. Où placera-t-il Google et Facebook ? Entre Lichtenstein, Mondrian et Picasso ou plutôt chez les classiques ?

Quant un algorithme juge de la créativité des plus grands artistes de l'histoire...

Quant un algorithme juge de la créativité des plus grands artistes de l’histoire…

Sources :

« This Is What Happens When Machines Dream », SingularityHub, 19 juin 2015

« Deep Generative Image Models using a Laplacian Pyramid of Adversarial Networks », papier de recherche, 18 juin 2015

« Inceptionism: Going Deeper into Neural Networks« , Google Research Blog, 17 juin 2015

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