L’impression 3D va-t-elle abaisser le coût de l’accès à l’espace ?

Rocket-LabMoins de 5 millions de dollars par lancement, c’est le pari du néo zélandais Rocket Lab qui vient de dévoiler les spécifications techniques de sa fusée Electron. D’un diamètre de 1 m et d’une hauteur de 20 m, celle-ci est théoriquement capable d’envoyer 100 kg en orbite basse, jusqu’à 500 km d’altitude. Une fusée à 2 étages bien plus légère et modeste qu’une Falcon 9 de SpaceX ou qu’une Ariane 5. Une fusée qui innove dans divers secteurs avec un but : abaisser de manière drastique les coûts d’un lancement.

Rocket Lab vise le créneau des lanceurs légers

Créé en 2007 par le néo-zélandais Peter Beck, Rocket Lab vient de dévoiler la plus grande fusée jamais conçue par l’entreprise, l’Electron. Financée par un fond de capital risque de la Silicon Valley, Khosla Ventures, l’entreprise se positionne sur le marché des lanceurs commerciaux. avec cette petite fusée à deux étages reconnaissables entre toutes. Celle-ci est entièrement construite en fibre de carbone si bien que sa structure ne pèse pas plus qu’une Mini. La légèreté est de mise puisque le calculateur de bord, conçu à base de puces FPGA, ne pèse que 8,6 kg.

Peter Beck devant ses multiples créations, dont la fusée Electron.

Peter Beck devant ses multiples créations, dont la fusée Electron.

Mais c’est sans doute dans ses moteurs que Rocket Lab apporte le plus d’innovations. La startup a conçu un moteur fusée d’un nouveau type, le moteur Rutherford, du nom du physicien et chimiste néo-zélandais Ernest Rutherford. Tous les composants principaux de ce moteur seront produits en impression 3D. Il devra délivrer une poussée de 4.600 livres pendant 327 secondes. Le premier étage en compte 9 dans leur version atmosphérique, le deuxième étage n’en compte qu’un, dans sa version « espace ». La puissance maximale totale de la fusée atteint 41,500 livres de poussée.

Contrairement aux moteurs fusées classiques, ces moteurs Rutherford utilisent des turbopompes électriques alimentées par batteries Lithium Polymère. De quoi faire économiser quelques pourcents de poussée par rapport aux turbopompes traditionnelles alimenté par les gaz du moteur. Le marketing de Rocket Lab affirme qu’il ne faudra pas plus de carburant haute-densité Hybrid 90A à l’Electron pour aller dans l’espace que de kérosène pour un Boeing 737 pour faire un vol San Francisco / Los Angeles.

Le premier vol d’une fusée Electron est prévu pour 2015 tandis que les vols commerciaux doivent démarrer dès 2016. La startup assure avoir déjà des engagements pour les 30 premiers vols, sachant que l’ambition de Peter Beck est d’atteindre 100 lancements par an. Une ambition pour le moins élevée.

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