Lockheed Martin renonce au diagnostic en vol pour le F-35

F35Le projet d’avion de combat de 5e génération, évalué à 400 milliards de dollars, connait depuis son lancement de multiples vicissitudes. Lancé en 1996, ce programme n’est toujours pas parvenu à livrer un avion de combat opérationnel et il s’est peu à peu transformé en gouffre financier pour le Pentagone et  ses alliés occidentaux engagés dans ce programme qui devrait voir cet appareil construit à 2.000 exemplaires… lorsqu’il sera enfin au point.
Dernière péripétie, les retards accumulés sur le développement d’ALIS (Autonomic Logistics Information System), le logiciel de maintenance de l’appareil. Le développement de l’application informatique, mené par Lockheed-Martin dérape tant et si bien que le constructeur a annoncé que, de concert avec le Pentagone, la décision a été prise de renoncer à une fonctionnalité innovante de son système de maintenance : le « downlink ».

ALIS, le logiciel de maintenance du F-35 cumule lui-aussi bugs et retards

Impossible de lister aujourd’hui l’ensemble des problèmes et retard qui ont marqué ce programme militaire. Dernière tuile en date pour les futurs utilisateurs du F-35, l’annonce faite par Lockheed-Martin, les retards accumulés dans le développements du logiciel ALIS poussent le constructeur a alléger la version « Block 3  » attendue pour 2017. ALIS, c’est la plateforme logicielle qui va permettre à chaque armée de l’air cliente de lockheed-Martin de gérer chacun des appareils de sa flotte de F-35. ALIS-TestingToutes les données sur la vie de chaque avion y sont stockées et conservées. Chaque commande de pièce, chaque modification apportée, chaque réparation y est consignée. C’est ce logiciel qui gère la « supply chain » de la flotte. Toutes les commandes de rechanges passent par lui. L’idée est de disposer d’un logiciel performant pour améliorer la disponibilité de l’avion. Le cahier des charges initial incluait pour la version « Block 3  » attendue en 2017, une fonction plutôt innovante : un lien temps réel avec l’avion en vol. Chaque panne ou anomalie détectée par l’avion est envoyée par liaison radio vers ALIS. Les mécaniciens sont alors capable d’anticiper les interventions à réaliser sur l’appareil à son retour, lancer les commandes de pièces, mobiliser les experts pour que l’avion reste immobilisé au sol le moins de temps possible. Cette liaison, le « downlink » dans le jargon militaire, permet aussi de savoir quels armements sont tirés par l’appareil lors de sa mission de combat. Le stock de missiles, de bombes est donc géré en temps réel au sol. Là aussi, il s’agit de préparer les mission suivantes sans attendre le retour des avions de leur mission.

Officiellement, les tests menés sur le downlink ont montré une faille de sécurité dans cette liaison… qui passe à la trappe. Les militaires devront attendre ALIS « Block 4  » pour disposer de cette fonctionnalité futuriste.

Source : « F-35 Maintenance Support System Advances Without Downlink », AINonline, 27 mai 2015

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