Pourquoi le successeur du B-52 ne sera pas un drone

Boeing_B-52FL’US Air Force vient de lancer l’appel d’offre pour son futur bombardier. Le LRS-B (Long-Range Strike Bomber) remplacera à la fois le bombardier furtif B-2, mais aussi le mythique B-52 dont le premier vol remonte à 1952.
L’Air Force devrait acheter entre 80 et 100 de ce futur bombardier dont le prix théorique devrait atteindre 550 millions de dollars (hors coûts de développement). Le programme indique que le futur bombardier nucléaire ne sera qu’optionnellement dronisé.

La relève pour le B-52, mais aussi le bombardier furtif B-2

Ils sont encore 76 à voler sous les couleurs de l’USAF, les B-52 vont enfin pouvoir rejoindre les musées aéronautiques. Enfin en 2040, lorsque le futur LRS-B sera pleinement opérationnel. Le futur bombardier remplacera aussi le bombardier furtif B-2 dont l’Air Force, le bombardier à 2 milliards de dollars pièces dont l’Air Force n’a pu faire entrer en service que 20 exemplaires et dont elle veut se débarrasser au plus vite.

Le B-52 et le B-2 seront remplacés par l'appareil qui émergera de la compétition entre Boeing/Lockheed-Martin et Northrop-Grumman.

Le B-52 et le B-2 seront remplacés par l’appareil qui émergera de la compétition entre Boeing/Lockheed-Martin et Northrop-Grumman.

Le programme LRS-B indique que le futur bombardier américain devra être lui-aussi furtif, mais aussi optionnellement piloté. Une décision qui semble surprenante sachant que l’appareil n’entrera en service que dans les années 2020 si le programme tient ses délais. Si, pour les mission conventionnelles, ce bombardier pourra voler sans pilote à bord. Néanmoins la doctrine d’emploi de l’arme nucléaire de l’armée de l’air américaine impose un élément humain dans la chaîne de contrôle et de commandement. Le futur bombardier aura donc un poste de pilotage pour pouvoir assurer ses missions « nuke ». En outre, un rapport du think tank de la défense américaine CSBA souligne que les avantages du drone en termes d’aérodynamique et de poids sont beaucoup plus faibles pour un bombardier à long rayon d’action que pour un avion de combat monoplace. Reste enfin la fiabilité du drone sur des vols à très longue distance, impliquant de multiples ravitaillements en vol et le long survol de territoires ennemis. Les scénarios envisagés par le CSBA évoquent des vols vers Téhéran ou Pékin…

Lockheed-Martin s’est allié à Boeing pour contrer le concepteur du B-2

Pour l’heure, Northrop Grumman, le concepteur du B-2 va concourir face à Boeing qui s’est allié à Lockheed-Martin. Les avant-projets jusqu’ici dévoilés se montrent assez proches, sachant que la piste initialement creusée par Lockheed-Martin, celle du 100% drone, est aujourd’hui écartée. Ces images diffusées par les constructeurs doivent être prises avec quelques précautions puisque le programme est bien entendu classé top secret et que le B-2 n’a été découvert que 2 ans après que le bombardier n’ait pris l’air.


L’USAF devrait désigner le vainqueur de la compétition au printemps 2015 et l’appareil devrait commencer à être visible sur les bases américaines autour de 2020, à moins que les premiers démonstrateurs ne volent déjà au-dessus de la zone 51…

Sources :
« USAF bomber contest under way », Jane’s, 10 juillet 2014
« Budget Highlight: Air Force Long Range Strike Bomber », CRS Insights, 2 juillet 2014
« USAF leader confirms manned decision for new bomber », FlightGlobal, 23 avril 2013
« Sustaining America’s Strategic Advantage in Long-Range Strike », CSBA, 14 septembre 2010

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