Marussia F1 en liquidation : l’échec de l’écurie 100% numérique

Marussia-F1En redressement judiciaire depuis 1 mois, l’écurie de formule 1 Marussia F1 vient d’être déclarée en faillite par son administrateur judiciaire.

Lâchée par son commanditaire russe, l’équipe de Jules Bianchi n’alignera plus ses voitures au départ des grands prix du championnat du monde. Un échec du au manque de sponsors de l’équipe, mais aussi l’échec d’une stratégie 100% numérique.

Une écurie lancée par Richard Branson en 2010

En 2009, alors que le flamboyant Richard Branson veut créer une écurie de formule 1 aux couleurs de son groupe Virgin, il achète alors l’équipe Manor Motorsport, présente uniquement en Formule Renault et Formule 3 Euroseries. Celle-ci va participer au championnat 2010. L’idée du manager est de miser sur le numérique et l’innovation pour rivaliser avec les plus grosses écuries du plateau qui disposent de moyens financiers à des années lumières des équipes historiques. Virgin Racing ne dispose pas d’usine pour produire les coques et les pièces de la voiture mais uniquement de quelques imprimantes 3D pour créer les prototypes de pièces avant de sous-traiter leur production. Autre différence importante, l’écurie ne dispose pas de soufflerie, l’outil de travail n°1 des écuries de F1.

C'est à Monaco que Jules Bianchi a inscrit les seuls et uniques points marqués par l'équipe dans toute son histoire.

C’est à Monaco que Jules Bianchi a inscrit les seuls et uniques points marqués par l’équipe dans toute son histoire.

L’aérodynamique des monoplaces est tellement importante en F1 que les écuries ont toutes investies des dizaines de millions d’euros dans la construction puis dans l’exploitation d’énormes souffleries. Le pari est osé, mais il sera perdu. Pour ses deux premières saisons, la jeune écurie pointe en dernière place du championnat du monde. Le calcul intensif et le calculateur de 72 TeraFlops de Virgin Racing ne suffit pas aux ingénieurs à créer une voiture compétitive. En 2012, l’écurie doit se tourner vers McLaren pour avoir accès à la soufflerie. L’écurie est ensuite reprise par son principal sponsor, Marussia  Motors et devient la Marussia F1 Team. Désormais sous drapeau russe, l’objectif fixé à la petite équipe est de monter sur le podium à l’occasion du premier grand prix qui vient de se disputer à Sotchi en 2014. L’équipe progresse légèrement au classement en 2011 et 2012, occupant la 10ième place du championnat, mais il faudra atteindre le grand prix de Monaco de cette année pour que Jules Bianchi inscrive les deux premières points de toute l’histoire de l’écurie.Ce sera les seuls points jamais inscrits par l’équipe russe qui vient d’être placée en liquidation et l’ensemble de son personnel licencié.

Sources :

« End of the line as Marussia ceases trading, closes its doors », MotorSport, 7 novembre 2014

« The IT crowd: CFD at Marussia F1 », TheEngineer, 28 mai 2012

« Interview: Nick Wirth, technical director, Marussia Virgin F1 team », Computing, 24 février 2011

« High-performance computing drives high-performance F1 cars to success », ComputerWeekly, Juillet 2012

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