MIDCAS, un programme pour faire voler les drones dans le trafic aérien

midcasDéjà peu esthétique à l’origine, le drone Sky-Y d’Alenia Aermacchi mis en oeuvre dans le cadre du programme de recherche MIDCAS est maintenant carrément affreux.

Les chercheurs ont bardé ce pauvre appareil de multiples capteurs afin que celui-ci puisse voler dans le trafic aérien civil en toute sûreté, c’est à dire en se montrant capable de réaliser une manœuvre d’évitement en cas d’urgence. Mené par l’EDA (European Defence Agency), le programme de recherche MIDCAS pour Mid Air Collision Avoidance System touche à sa fin et les résultats sont là.

Un drone capable d’évaluer sa position par rapport aux avions environnants

CASA C 212 de la DGA

Les premiers tests en vol du système MIDCAS ont été réalisés sur le Casa C 212 du centre d’essai en vol de la DGA, avant de passer au drone.

Un drone qui suit son plan de vol, soudain un petit avion aéro-club se profile à l’horizon. Le pilote n’a pas vu le drone et, malheureusement, les appareils se rapprochent inexorablement, la catastrophe semble inéluctable. Pour l’opérateur du drone, tout va bien, les paramètres de vol de l’appareil sont corrects. Soudain le drone repère l’avion qui se rapproche de lui et effectue une manœuvre d’évitement. Un simple virage enfantin pour n’importe quel élève pilote, un défi technique pour un drone.

C’est lors du salon du Bourget 2009 que les représentant de 5 pays Européens ont signé l’acte de naissance du projet MIDCAS, mené sous l’égide de l’European Defence Agency. Un projet de 4 ans doté d’un budget de 50 millions d’euros dans lequel interviennent pas moins de 11 industriels européens. Le suédois Saab mène le projet, en partenariat avec Sagem et Thales côté français, Airbus D&S, Diehl BGT Defence, DLR et ESG côté allemand, Alenia Aermacchi, Selex ES, CIRA pour l’Italie et enfin Indra pour l’Espagne.

Les premières campagnes d’essai en vol ont été menées en 2010 et 2011 sur un appareil piloté, un CASA C 212 du centre d’essai en vol. Celui-ci, suffisamment large pour accueillir un banc de test. Dans le nez de l’appareil ont été placés des capteurs infrarouges du marché et de caméra, les algorithmes ont pu être validés avant d’installer les équipements dans un véritable drone, un Sky-Y. A partir de décembre 2014, ce drone a commencé ses vols d’essai à partir de la base italienne de Grazzanise.

Outre les les caméras, capteurs infrarouges et radar, des équipement « non-coopératifs », le  drone a été équipé d’un IFF et d’un ADS-B, équipements « coopératifs », c’est à dire capables d’échanger des données avec les avions environnants, donc beaucoup plus de données à traiter pour le drone qui peut ainsi avoir une meilleure vision de son environnement (awareness), puis les les éléments pour calculer la meilleure trajectoire d’évitement.

Le drone Alenia Aermacchi Sky-Y du projet MIDCAS bardé de ses capteurs.

Le drone Alenia Aermacchi Sky-Y du projet MIDCAS bardé de ses capteurs.

Alors que le projet arrive à son terme, Peter Round, directeur « Capability, Armament & Technology » de l’EDA estime que le projet a produit des résultats tangibles, « un levier critique à l’essor des drones dans les cieux européens.  »

Source : « MIDCAS demonstrates progress for RPAS integration into civil airspace », Communiqué de presse EDA, 30 avril 2015

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