La Nasa teste une fusion réalité virtuelle / réalité augmentée

Nasa-Fused-RealityL’idée peut paraître incongrue. Transformer un avion en son propre simulateur, c’est ce qu’une équipe de recherche de la Nasa vient de réaliser aux Etats-Unis. Le pilote s’installe dans le poste de pilotage, remet des lunettes de réalité virtuelle et prend l’air avec pour seule vision les images 3D générée par un simulateur… A quoi bon puisqu’il utilise l’appareil, prend les mêmes risques ? L’idée n’est peut-être pas aussi absurde qu’il n’y paraît.

Piloter un vrai appareil avec des lunettes de réalité virtuelle, c’est possible

Le concept de « Fused Reality » créé par l’américain Systems Technology Inc (STI) est actuellement par les pilotes d’essai du centre de recherche de la Nasa à Edwards, en Californie, et à l’école des pilote d’essai de Mojave depuis 2014. Ceux-ci ont ainsi pu piloter un avion de type Gippsland GA-8 Airvan équipés de lunettes de réalité virtuelle afin de s’entraîner à se poser sur une piste virtuelle. Tout l’intérêt de cette approche « semi-virtuelle », c’est de pouvoir réaliser cet entrainement à une altitude de sécurité. La piste virtuelle s’affiche à une altitude de 5.000 pieds au dessus du sol, ce qui permet à l’élève pilote de rater son atterrissage sans casser du bois.
Autre intérêt de la « Fused Reality », pouvoir afficher des éléments virtuels dans un décors réel, en surimpression. Une réalité augmentée qui va bien au-delà du simple affichage de données et de symboles comme l’affichage tête haute des avions modernes. A l’origine du projet, il s’agissait d’entraîner les mitrailleurs devant des cibles virtuelles mais il est possible s’afficher des avion virtuels pour entraîner les pilotes, notamment pour l’entrainement au vol en formation, ou encore au ravitaillement en vol, ce qu’un modeste Airvan est bien incapable de faire. A l’avenir, on peut imaginer que les pilotes de la Navy pourront s’entraîner à l’appontage sur porte-avion sans… porte-avion.

Utiliser des Oculus Rift pour piloter un avion serait possible

Fused-Reality-tests

La Fused Reality de STI testée par les pilotes de la Nasa dans un avion de type Airvan. (Photo: NASA / Carla Thomas)

En 2016, le dispositif va être monté sur un appareil de type C-12 Beechcraft King Air, un bimoteur plus rapide que l’Airvan, la question étant de pousser le système à ses limite afin de vérifier qu’il n’est pas dangereux dans certains cas. Le système présente une présente une latence « bien inférieure » à 100 millisecondes. Il s’appuie sur des lunettes de réalité virtuelle (HMD) et des caméra de motion-capture Optitrack pour suivre les mouvements de la tête du pilote. Le système n’est pas directement connecté aux systèmes de l’avion, mais dispose de sa propre centrale inertielle pour avoir les information sur la vitesse, l’inclinaison et la position GPS de l’appareil.

STI, qui utilise des lunettes de réalité virtuelle professionnelles n’exclut pas la possibilité d’utiliser des casques grand public type Oculus Rift ou HTC Vive. Le dispositif reste néanmoins purement expérimental et n’est pas certifié par les autorités de l’aviation civile. Ses concepteurs soulignent que cela ne devrait pas leur poser de problème, sachant que les lunettes de vision nocturne le sont déjà.

Sources :

« NASA Brings Fused Reality Simulation Into Cockpit », AviationWeek, 23 novembre 2015

« Fused Reality: Making the Imagined Seem Real », Nasa, 29 septembre 2015

Commentaires Facebook
Twitter Facebook Plusone Pinterest Linkedin
Ce contenu a été publié dans 3D, Aéronautique, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.