Un nouvel ordinateur de bord pour le F-16

Plus de 40 ans après son premier vol, le F-16 de General Dynamics (aujourd’hui passé sous la coupe de Lockheed-Martin) reste encore le fer de lance de nombreuses forces aériennes. Y compris l’US Air Force. A l’heure où les dépassements de budget du F-35, son successeur, attirent les foudres de Donald Trump, le F-16 pourrait bien connaitre une seconde jeunesse, y compris aux Etats-Unis. Lockheed-Martin propose notamment le F-16V, une version modernisée qui pourrait permettre d’attendre la montée en puissance du F-35. L’Air Force vient de demander à Raytheon de remplacer les ordinateurs de bord de ses F-16 afin de leur donner plus de polyvalence. L’occasion de revenir sur l’informatique embarquée de cet avion de légende.

Un ordinateur de bord basé sur les processeurs MIPS depuis les années 70

Le Modular Mission Computer (MMC), ordinateur de bord du F-16, ici dans sa version MMC5000 (Photo: Raytheon).

Le F-16 n’est pas près de quitter les cieux. L’armée de l’air américaine vient de confier à Raytheon le marché du remplacement des ordinateur de ses F-16. Ce sera ainsi la quatrième génération majeure de MMC (Modular Mission Computer) pour le jet qui a été construit à plus de 4.500 exemplaires. La première génération, le MMC3000 s’appuyait sur des processeurs MIPS R3500, une puce 32 bits comptant 110.000 transistors et fonctionnant à 12 MHz. On retrouvait cette puce sur les ordinateurs HP9000 de la fin des années 90. L’ordinateur disposait de 4 Mo de mémoire vive.

Le MMC5000, l’ordinateur de seconde génération du F-16, s’appuyait toujours sur une puce MIPS, un RM5260 qui était nettement plus rapide (avec une fréquence d’horloge de 133 MHz à 150 MHz) et surtout il s’agissait d’une puce 64 bits. La mémoire était alors plus que doublée, avec 10 Mo disponible.

Successeur désigné du F-16, le F-35 est aujourd’hui dans le viseur du président Donald Trump. (Photo: Lockheed-Martin)

Le MMC7000 qui équipe les F-16 les plus modernes, notamment tous les F-16 européens qui ont pu bénéficier de la modernisation MLU (Mid-Life Update),  ne dispose toujours que de 10 Mo de mémoire mais son processeur RM7000A, conçu au début des années 2000, fonctionne entre 300 et 400 MHz. Il délivre une puissance théorique de l’ordre de 800 MFlops.
Quelle sera la puce qui va équiper la prochaine version du MMC ? L’information n’a pas été diffusée officiellement. Raytheon a simplement précisé que celui-ci offrira une puissance multipliée par 2, tandis que la capacité mémoire sera multiplié par 40. Un saut quantique pour le F-16, mais une puissance encore modeste comparée à celle d’un smartphone haut de gamme… Elle permettra néanmoins au F-16 d’embarquer de nouveaux logiciels pour élargir les types d’armes ou encore bénéficier de nouveaux radars et autres équipements électroniques et attendre ainsi que le F-35 prenne sa succession.

Sources :
« U.S. Air Force selects Raytheon F-16 mission computer », Communiqué de presse Raytheon, 16 décembre 2016
« Trump calls fighter jet costs ‘out of control' », CNN, 12 décembre 2016

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