Pénibilité : L’ouvrier sera-t-il le prochain « objet connecté » ?

Boitier-connecté-Sopra-HRLe salon « Ressources humaines » qui s’est tenu à Paris cette semaine a été l’occasion pour l’éditeur Sopra RH de dévoiler un nouveau type d’objet connecté. Ce n’est encore qu’il prototype et dans sa version définitive, il pourra prendre diverses formes. Il s’agit d’un petit boitier connecté qui contient un capteur de température, un capteur de pression et un micro.

Glissé dans la sacoche de l’ouvrier, ce boitier va accumuler pendant toute sa journée de travail ces données afin de restituer un cumul de son exposition au bruit, à des températures ou des pressions difficiles. Des données qui viendront alimenter son compte pénibilité.

Un objet connecté pour faire face aux obligations du compte pénibilité

Disons le tout net, l’objet connecté mis au point par Sopra HR et les autres entités du groupe Sopra ne ressemble à rien. Son boitier rectangulaire imprimé en 3D avec son couvercle qui tient avec un élastique n’est encore qu’un prototype. Il pourrait être mis sur le marché par cet éditeur de solutions RH (fruit de l’acquisition de l’activité HR Access à IBM en 2014) dans l’année, en prévision de l’entrée en vigueur du compte pénibilité en 2016.

La loi indique qu’à partir du 1er janvier 2016, un salarié ne pourra être exposé plus de 600 heures par an au bruit, plus de 900 heures à des températures extrêmes, à des vibrations mécaniques plus de 450 heures. Des valeurs pas simples à comptabiliser pour l’employeur, des données qui, dans certains cas, pourront être sujettes à caution. D’où l’idée de barder le salarié de capteurs afin de faire ces décomptes d’heures de manière purement « scientifique » sans le filtre d’un chef de chantier, d’un chef de service. Les données sont donc communiquées au serveur de l’entreprise qui tient les décomptes de chaque ouvrier.

Sopra RH a développé un logiciel qui démontre ce que pourrait être le "backoffice" de ces boîtiers connectés pour ouvriers.

Sopra RH a développé un logiciel qui démontre ce que pourrait être le « backoffice » de ces boîtiers connectés pour ouvriers. Lorsque une valeur mesurée bascule dans rouge, le décompte commence pour le salarié.

Il existe déjà des dosimètres connectés sur le marché, mais l’intérêt de la solution, c’est que le boîtiers sera multicapteurs (donc ne mesurera pas seulement le bruit ou les vibrations) et surtout il sera connecté au serveur qui assurera la centralisation de l’ensemble des comptes pénibilité des salariés de l’entreprise.

Bien évidemment, l’objet connecté Sopra RH finalisé ne ressemblera sans doute pas au boitier rudimentaire dévoilé à Paris cette semaine. L’éditeur évoque la possibilité de l’intégrer directement au casque de chantier, au badge d’accès ou, plus original aux semelles des chaussures de chantier. Le ROI du déploiement d’un tel système sera garantie par la précision de l’information collecté : les temps d’exposition sont réellement décomptés à la seconde près par le système. Ainsi, aucun arrondi « à la journée » ou à la demi-journée en faveur du salarié ne sera possible.

Sources :

« Les 10 innovations clés du salon Solutions RH 2015 », ExclusiveRH, 27 mars 2015

« Compte pénibilité : les obligations de l’employeur », Service-Public.fr, 17 octobre 2014

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