L’Europe prépare les cargos robots du futur

Project-MUNINDes cargos totalement robotisés à l’horizon 2030, c’est l’objectif du projet européen MUNIN (Maritime Unmanned Navigation through Intelligence in Networks) Les 8 partenaires du projet se sont réunis à Hambourg pour évoquer des différentes pistes techniques explorées par les participants. Automatisation du contrôle moteur, de détection d’obstacles, postes de contrôle au sol, protocoles de communications, mais aussi anticipation des pannes, des solutions doivent être mises au point dans de nombreux champs d’étude avant que les premiers cargos automatiques puissent sillonner les océans en toute sécurité.

Rolls-Royce Marine table sur les premiers bacs automatiques dès 2015

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Les différents groupes de travail du projet MUNIN.

Il en faudra encore du temps avant que ces navires sans capitaine ne franchissent le Cap Horn. Rolls-Royce, l’un des 8 membres du projet MUNIN a dévoilé sa roadmap lors de la réunion de Hambourg du 10 septembre. L’industriel anglais, dont la division « Marine » compte 9.000 personnes et a conçu 30.000 navires, table sur l’arrivée de premiers bacs automatique entre 2015 et 2020. Des caboteurs pourraient prendre la mer entre 2020 et 2025, tandis que des cargos de haute mer semi-automatique prendront la mer avant de parfaits robots entre 2025 et 2035. Sachant que le coût du personnel est le deuxième facteur de coût d’un cargo, après de carburant, les armateurs vont rapidement suivre si les industriels et les chercheurs parviennent à résoudre les défis techniques posés par le navire autonome.

Aptomar

L’analyse de l’environnement du navire avec de multiples capteurs via les algorithmes d’Aptomar.

Parmi les défis intéressants, celui de la « vigie » automatique. Impossible de laisser le robot naval aller percuter les bouées et autres plaisanciers imprudents. C’est le norvégien Aptomar qui travaille sur cette problématique. Son approche est de fusionner les données de multiples capteurs pour donner au robots et aux opérateurs au sol une vision temps réel de la situation. Le logiciel corrèle l’image radar avec celles de caméras, mais aussi la cartographie, le sens du vent, etc. Ce spécialiste estime qu’avec les capteurs actuels, il est déjà possible de faire mieux qu’avec un navire disposant d’un équipage humain.

Un prérequis : Améliorer la fiabilité des moteurs

Il est un domaine où le robot va devoir faire mieux,, beaucoup mieux que l’humain avant de laisser les robots prendre la mer, c’est celui de la fiabilité. Comme il n’y aura plus d’équipage à bord, ni technicien, ni mécano, il va falloir améliorer la fiabilité des moteurs pour ne pas voir ces navires s’échouer sur nos côtes à la moindre panne. Outre la redondance des équipements, les chercheurs de l’Université des technologies de Wismar en Allemagne misent sur l’approche Big Data. Il bardent les moteurs de capteurs de pression et à ultrason pour suivre en temps réel le fonctionnement du moteur. L’idée est de détecter les signes avant-coureurs des pannes bien avant qu’elles ne surviennent. Les chercheurs du Fraunhofer Center for Maritime Logistics and Services CML travaillent quant à eux sur le pilotage du navire en fonction de la météo. Ils mettent au point des algorithmes qui vont transformer le robot en vieux loup de mer et réagir correctement en cas de tempête. Le logiciel gère à la fois une route stratégique, pour éviter les tempêtes, mais aussi un pilotage « tactique » pour réagir face au vent, aux vagues.MUNIN-Picture-of-the-Vision L’université technique de Chalmers en Suède étudie la problématique du contrôle au sol de centaines voire de milliers de navires robotisés sur les océans. A l’avenir des contrôleurs vont devoir prendre en charge les mouvements de ces navires autonomes. Il vont devoir gérer ces flottes en toute sécurité. Il faut mettre au point les logiciels qui vont leur permettre d’aiguiller ces drones, mais aussi afficher leurs données en cas de problème. En 2015, le projet MUNIN aura atteint son terme, avoir défriché les bases technologiques du navire autonome et mis en place un simulateurs. L’Europe n’est pas la seule à travailler sur ce concept de drone naval. Les Etats-Unis mènent aussi un tel projet sous l’égide de la DARPA, mais la finalité est toute différente. L’ACTUV américain (ASW Continuous Trail Unmanned Vessel) aura pour mission de pister automatiquement les sous-marins ennemis pour le compte de la Navy. Navires-autonomes-Rollls-Royce Source : « MUNIN workshop at SMM », 19 septembre 2014

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