La Formula E prépare Roborace, le championnat du monde des voitures autonomes

Formula-E RoboraceUn championnat de voiture autonome est à l’étude. Baptisé Roborace et les premières courses auront lieu lors de la saison 2016/2017 de Formula E. Sur les circuits de ce championnat de monoplaces électriques, une dizaine d’équipes devraient aligner des voitures robots qui devront s’affronter sur des courses d’une heure. Les voitures, toutes électriques, devront être pilotées en temps réel par une IA. Un défit technologique hors du commun que s’apprête à relever la société Kinetik et l’organisateur du championnat de Formule E.

Première course de voitures robots dès 2016

roborace_newsLa foule va-t-elle se passionner pour une course de voitures robots comme elle se passionne (sic), un dimanche sur deux à voir une Mercedes remporter la course de F1 du Week-End ? Pour l’instant, l’heure est aux grands projets. Roborace verra 10 équipes s’affronter sur les circuits urbains de la Formule E sur des courses d’une heure.

Alejandro Agag, PDG de la Formula E et Denis Sverdlov, fondateur de Kinetik et de ce championnat Roborace ont créé une certaine surprise dans le monde du sport automobile avec cette grande première. Fond d’investissement basé dans le technoparc d’Enstone, près de l’écurie Lotus F1, Kinetik est peu connu hors de Grande-Bretagne. Il finance le projet Charge qui conçoit les trains roulants pour camions et bus électriques. C’est son fondateur, Denis Sverdlov qui est bien connu. Le russe, fondateur de Yota a fait fortune en vendant son entreprise à l’opérateur MegaFon in 2012. On lui doit aussi le smartphone à double affichage Yotaphone.

La Roborace, une course… d’algorithmes

Un projet aussi ambitieux avec des délais aussi courts, on peut se demander comment ce championnat pourra démarrer dans un peu moins d’un an. Alejandro Agag a livré quelques détails sur la Roborace, une formule monotype à propulsion électrique « Ce sera un challenge ouvert. Nous, avec Kinetik, fourniront la voiture, une plateforme sur laquelle les équipes placeront leurs logiciels, leurs algorithmes.

Un grand prix de Monaco sans aucun pilote au départ, ce sera en 2016/2017.

Un grand prix de Monaco sans aucun pilote au départ, ce sera en 2016/2017.

Les équipes n’auront pas à concevoir et à construire elles-mêmes leurs voitures mais celles-ci devront être totalement autonomes, ce ne sera pas une course de voitures radio-commandées ! » S’il ajoute que pour les 10 équipes qui pourront s’engager dans ce championnat, le défi sera simple du point de vue des voitures, fournies par l’organisation, c’est les algorithmes qu’elles devront faire la différence. « Ce sera facile pour les équipes sur le plan hardware, mais elles devront avoir les meilleurs algorithmes pour l’emporter. Ceux-ci devront atteindre 2 objectifs : à la fois aller vite mais aussi interagir avec les autres véhicules. Il faudra apprendre à doubler, freiner pour ne pas percuter un autre concurrent. » Denis Sverdlov a pointé quelques-uns des défis de ce projet un peu fou : « Nous devrons tester de multiples technologies, notamment dans le domaine des télécoms. Comment les voitures vont échanger des données entres-elles, avec les infrastructures. En outre nous voudrons de la vidéo 4K depuis les voitures, ce qui est un gros challenge en termes de télécom. Nous allons faire avancer beaucoup de technologies grâce à ce championnat« .

Une course de robot est-elle véritablement un sport automobile ?

La FIA reconnaîtra-t-elle la Roborace comme elle l’a fait pour la Formule E ? Alejandro Agag a précisé : « Est-ce que ce sera un sport automobile ? Je n’ai pas de réponse à cette question. Ce championnat va être très différent de ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Les gens qui seront intéressés par Roborace ne seront peut-être pas ceux qui s’intéressent habituellement, mais ceux qui s’intéressent à la technologie, à l’innovation, à comment le monde sera dans 50 ou 100 ans.

A quoi ressemblera une "monoplace" de Roborace ? Mystère.

A quoi ressemblera une « monoplace » de Roborace ? Mystère.

« Ce sera bien plus une course de technologies qu’une course de personnalités, mais nous ne savons pas ce vers quoi cela évoluera. Dans 50, 100 ans, ce sera la vie quotidienne, mais aujourd’hui nous n’en sommes encore qu’à l’age de pierre. » Qui seront les industriels, les entreprises qui s’aligneront sur la ligne de départ en 2016 ? On sait qu’Audi fait déjà rouler sur circuit une voiture autonome depuis quelques mois. D’autres constructeurs maîtrise suffisamment la technologie pour tenter l’aventure, de même que des acteurs jusqu’ici très éloignés des circuits comme le souligne l’organisateur de la Formule E : « Beaucoup d’équipementiers automobiles travaillent sur les technologies de la conduite autonome actuellement. Ces technologies seront mises sur le marché d’ici 3 à 5 ans. Certains d’entres-eux s’intéresseront à ce championnat, peut-être certains viendront de domaines totalement différents. » Le PDG de la Formule E cite l’implication de Google dans la recherche sur les voitures autonomes. L’américain montera-t-il dans le baquet de la Roborace ?

Sources :

« Formula E unveils new support series for driverless cars », MotorSport.com, 27 novembre 2015

« Formula E to feature autonomous car racing », Current E,  27 novembre 2015

« Formula E & Kinetik announce driverless support series », Communiqué de presse FIA Formula E, 27 novembre 2015

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