Robots industriels : Pourquoi la France affiche un tel retard

Renault-Sandouville-Chaines-Clio (Crédit Yannick Brossard)

34.000 à 162.000, la victoire de l’Allemagne  sur la France sur le terrain de la robotique est, là aussi, sans appel. Le parc de robots industriels installés dans les entreprises allemandes est 5 fois plus important que chez leurs rivales françaises. Les entreprises italiennes en disposent de 61.000.

Dans le cadre du plan « usine du futur » du gouvernement, le cabinet Roland Berger a réalisé un rapport pour la Dgcis, le Symop et le Gimélec afin de trouver les explications à ce terrible retard. Un rapport qui met en avant de profondes disparités entre les différents secteurs industriels. Si l’industrie automobile parvient à répliquer à ses puissants rivaux, c’est loin d’être le cas d’autres secteurs pourtant clés pour la France.

L’écart entre les industries françaises et allemandes continue de se creuser

Ligne d’assemblage tôlerie Renault Clio IV et Renault Clio III Date de prise de vue: 27 septembre, 2012 Date de visibilité: 11 février, 2013 CRÉDITS: YANNICK BROSSARD

La ligne d’assemblage tôlerie Renault Clio IV et Renault Clio III de l’usine Renault de Sandouville.
(Crédit: Yannick Brossard)

Le décrochage de l’industrie française face à sa rivale allemande est impressionnant. Entre 2000 et 2012, la valeur produite par les usines allemandes progressait de 37%, pour atteindre 1.860 milliards d’euros pendant que les usines françaises progressaient de 13%, pour une production de 928 milliards d’euros. Nos industriels ne sont toujours pas parvenus à atteindre à nouveau le niveau de la production qu’ils avaient  avant la crise de 2009. La baisse d’activité a torpillé la rentabilité des usines françaises mais, plus grave pour l’avenir, l’effort d’investissement est au plus bas dans l’hexagone. Il était de 3,9% du chiffre d’affaires contre 4,8% pour l’Allemagne et 7,2% pour l’Italie. Entre 2000 et 2012, les entreprises allemandes ont investi 12 milliards d’euros de plus chaque année, les entreprises italiennes 1 milliard de moins, les françaises 5 milliards de moins.

L’automobile soutient la comparaison, l’électronique non

Ecart-robotisation-France-Allemagne

Les entreprises françaises et tout particulièrement les PME et ETI ont levé le pied en termes d’investissement. Entre 2002 et 2010, les grandes entreprises ont baissé leurs investissements en France de 5%, mais ont accru leur effort à l’étranger (+43%). Pas si mal, alors que les PME et ETI buvaient la tasse sur la même période : -19% en France, -25% à l’étranger. Dans de telles conditions, le parc de robots installés en France vieillit et le taux de robotisation ne progresse que lentement. Il était de 84 robots installés pour 10.000 employés en 2012, contre 125 en Allemagne. En outre, le rapport montre que ce retard est très variable. L’automobile accuse 9% de retard, l’agroalimentaire 55%, l’industrie des métaux 85%. Avec seulement 12 robots pour 10.000 employés, l’industrie électrique/électronique fait trois fois moins bien que sa concurrente allemande.

Affaiblie par le manque d’investissement, l’industrie française joue désormais en seconde division. Pour enrayer ce déclin, les auteurs du rapports estiment qu’un effort d’investissement supplémentaire de 5 milliards d’euros supplémentaire par an permettrait de maintenir 600.000 emplois industriels dans l’hexagone et générer 41 milliards de valeur ajoutée pour le pays. Le coût de telles mesures serait largement compensé par les recettes complémentaires.

Source : « Robotisation : une étude nuance les retards de la France par rapport à l’Allemagne », Les Echos, 11 juillet 2014

Commentaires Facebook
Twitter Facebook Plusone Pinterest Linkedin
Ce contenu a été publié dans Robotique, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.