Pourquoi (presque) tout le monde déteste les robots hyperréalistes

Einstein-KAISTIls s’appellent Philip K Dick, Gemindoid DK ou Jules, ces humanoïdes ressemblent à s’y méprendre à des humains. Dès qu’ils se mettent en mouvement l’illusion s’efface, il s’agit bel et bien de robots.

Leurs concepteurs les ont créés pour qu’ils nous ressemblent et qu’ils s’intègrent parfaitement à notre quotidien. Une étude montre pourtant que ce sont ces robots que les humains détestent le plus.
 

Plus un robot semble humain, plus il fait peur !

Le Philip K Dick d'Hanson Robotics est l'androïde qui suscite le plus de réactions négatives chez les humains.

Le Philip K Dick d’Hanson Robotics est l’androïde qui suscite le plus de réactions négatives chez les humains.


Bien souvent, pour représenter les dangers représentés par la robotique pour les humains, les journalistes reprennent l’image du crane métallique du Terminator dont le visage, avec ses yeux lumineux rouges en fond d’orbite, est particulièrement menaçant. Pourtant, les chercheurs en psychologie des universités de Trente en Italie et du Queensland en Australie viennent de mettre en évidence que les participants de leur étude jugent bien plus menaçant les androïdes que les robots d’apparence très mécanique.

Au plus le robot ressemble à un être humain, au plus se crée un malaise chez les humains. Pire, les robots ultra-réalistes sont perçus comme carrément menaçants par les participants de l’enquête. L’androïde, copie plus ou moins conforme de l’humain, bien plus que l’humanoïde et le robot « mécanique ». La théorie d’Hiroshi Ishiguro, le créateur des Gemindoid, qui veut que les robots sociaux, c’est à dire amenés à communiquer avec les humains doivent avoir une apparence humaine pour être mieux acceptés est donc démentie par cette enquête. Même les japonais interrogés rejettent ces ersatz d’humains. On peut néanmoins regretter l’absence du petit Nao du panel de photos de robots présentés aux participants de l’étude. Qui pourrait avoir peur de ce petit humanoïde ?

Paradoxalement, les robots dont le design est le plus éloigné de l’humain sont les mieux acceptés du public. Une piste pour les concepteurs de robots qui travaillent sur les robots de service de nouvelle génération.

 

Source : « Blurring Human–Machine Distinctions: Anthropomorphic Appearance in Social Robots as a Threat to Human Distinctiveness », Research Gate, 4 février 2016

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