RUR, retour aux origines de la robotique

Metropolis-MariaAuteur de multiples articles scientifiques et de nombreux ouvrages sur la robotique, Jean-Claude Heudin publie une version romancée de RUR : Les Robots Universels de Rossum. Le directeur de l’IIM (Institut de l’Internet du Multimédia) de Paris La Défense remet au goût du jour la pièce de l’écrivain tchèque Karel Čapek. Ecrite en 1920 et jouée pour la première fois à Prague en 1921, celle-ci dépeint une société où des humanoïdes, utilisés à grande échelle dans les usines, sur les champs de bataille. C’est dans cette pièce que l’écrivain inventa le terme « Robot ».

A l’heure où les progrès en intelligence artificielle s’accélèrent et où les utilisations militaires des robots, ce texte est d’une étonnante actualité.

La révolte des robots, un scénario déjà évoqué en 1920

therobotstudioOn est dans les années 20. Un chercheur, Rossum, travaille a créer des êtres vivants artificiels. Après avoir créé un chien artificiel monstrueux, il parvient à créer un premier pseudo humain qui ne survit que 3 jours. Après quelques essais, il parvient à créer un homme artificiel, le Robot (du tchèque « Robota » pour travail), un être dénué de tout sentiment qui va être commercialisé à grande échelle par le petits fils du chercheur, avide d’argent. 2 fois et demie plus productifs que les ouvriers, ceux-ci vont être fabriqués à des millions d’exemplaires. Tous les industriels en veulent pour remplacer les ouvriers. Celles qui ne le font pas mettent la clé sous la porte les unes après les autres. Les Robots Universels de Rossum, fabriqués en grande série, font baisser le prix de toutes les produits à un prix marginal, mènent les guerres pour le compte des humains. Néanmoins, à force de rendre de plus en plus sophistiqué ces robots, ces derniers vont prendre conscience de leur position d’esclave et vont se retourner contre leur créateur.

L’histoire écrite par Karel Čapek en 1920 a inspiré de multiples œuvres, depuis le Metropolis tourné en 1927 par Fritz Lang, jusqu’au « I, Robot » de 2004. sans oublier le Terminator de 1984. Néanmoins, le robot pour Karel Čapek était un être biologique, plus proche du clone ou de l’assemblage d’organes artificiels, à l’image de Ash, l’officier scientifique du vaisseau Nostromo d’Alien.

Si, comme le rappelle Jean-Claude Heudin, la pièce de Karel Čapek s’inscrivait dans le courant technophobe d’une époque qui voyait les machines comme un outil d’avilissement de l’homme. Aujourd’hui, la robotique est vue comme une menace pour les emplois, l’intelligence artificielle, une menace pour l’humanité toute entière. Un scénario déjà écrit il y a presque 100 ans.

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