La France va cesser la fabrication du FELIN, son « soldat du futur »

Fantassin FELIN, Crédit photo :  SIRPA Terre/ CCH O. DebesLe cyberfantassin a du plomb dans l’aile. Patrice Pérodeau, directeur de l’usine Sagem de Fougères, vient de révéler que la production du FELIN (Fantassin à Equipements et Liaisons INtégrés) sera arrêtée d’ici à la fin de l’année 2014.
Initialement commandé à 22 588 exemplaires, notre « soldat augmenté » n’a pas trouvé le succès à l’export et la chaîne de production va s’arrêter suite à l’annulation par la DGA des 5 000 derniers exemplaires commandés.

Les dernier FELIN seront assemblés à l’automne 2014

C’est une interview publiée par le site presse de Safran qui révèle la fin prématurée de FELIN, le programme français de combattant du futur. La production des dernières exemplaires va s’achever à Fougères, l’usine bretonne de Sagem qui construit depuis des dizaines d’années des équipements électroniques pour le groupe Safran. C’est là que, dans les années 70, Sagem produisait déjà des télétypes. A partir de 2015, celui-ci va intégrer la Supply Chain des moteurs M88, M53 et TP400 de la Snecma et de Turbomeca, les autres filiales du groupe.

Le kit complet du FELIN, crédits photo : SIRPA Terre / CCH C. Lefèvre.

Le kit complet du FELIN, crédits photo : SIRPA Terre / CCH C. Lefèvre.

Le FELIN est donc victime des réductions de budget avec l’annulation de 5 000 exemplaires dans la loi de programmation militaire. Le FELIN, qui est entré en service dès 2010 dans l’Armée de Terre française et il témoignait alors de l’avance de la France dans ce domaine. En dépit des présentations à l’étranger, notre FELIN n’a pourtant pas séduit les armées étrangères. Les russes, un temps intéressés par l’électronique du FELIN, ont finalement renoncé au matou français au profit du Ratnik, le soldat russe connecté. Au final, les commandes à l’export n’ont pas permis d’assurer un relais pour l’usine de Fougères. Un paradoxe à l’heure où les solutions de réalité augmentée type Google Glass commencent à arriver dans le grand public ou dans les ateliers.

Le soldat du futur né trop tôt pour la technologie

famasfelinLa France a-t-elle lancée son programme de guerrier du futur trop tôt ? On peut se poser la question, car le FELIN a montré ses limites sur les terrains d’opération. Sur son blog Ligne de défense, le journaliste spécialisé Philippe Chapleau soulignait que les 4 à 5 kg du système complet était mal acceptés par les fantassins déjà harnaché de 40 kg de protections. Pas facile à supporter en opérations en Afrique.
Composé de jumelles infrarouges, d’un organe de visée déportée, de son écran, l’équipement de casque, le viseur à placer sur le FAMAS, le calculateur, la radio et le pack de batteries pour alimenter l’ensemble, le FELIN s’est avéré trop lourd, trop contraignant et pas assez modulaire. On est effectivement assez loin des Google Glass !

Sources :
« The new fields of expertise in Fougères », Communiqué Safran, 16 juin 2014
« FELIN V1.3: ventilation et allègement pour diminuer l’engoncement et favoriser la gestuelle », Lignes de défense, 26 mars 2014
« Soldat du futur: l’armée russe renonce au Félin français », RP Défense, 11 juillet 2013
« La DGA a réceptionné plus de 10 000 systèmes FELIN », Communiqué du Ministère de la Défense, 13 décembre 2012
« Soldat en réseau : Félin face à ses concurrents internationaux », LePoint, 8 février 2011
« FELIN, opérationnel en septembre dans l’Armée française », Communiqué Safran, 17 juin 2010

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