415.000 drones commerciaux dans le ciel européen en 2050

Agriculture, énergie, E-Commerce, transports et services publics, ce sont 400.000 drones civils qui assureront des services commerciaux en Europe à l’horizon 2050, un chiffre à comparer aux 7 millions de drones de loisir. Il s’agit de l’une des conclusions de la grande étude européenne “SESAR Drones Outlook Study”. Les experts européens estiment que ce marché représentera un chiffre d’affaires de l’ordre de 10 milliards d’euros en 2035 et 15 milliards d’euros en 2050. Une manne que l’Europe ne doit pas laisser filer aux mains d’entreprises américaines ou hors-Union en misant sur la recherche. Les auteurs du rapport estime qu’il faudra injecter 200 millions d’euros dans la R&D au cours des 5 à 10 années à venir  pour répondre aux attentes de ce marché.

Pas de transport de passagers par drones avant 2030/2050

Le SESAR (Single European Sky ATM Research), c’est le grand programme de recherche européen lancé en 2004 afin de préparer le futur du trafic aérien dans le ciel unique européen. Outre préparer la réglementation aérienne, celle-ci finance de nombreux projets d’étude et de recherche, notamment sur les drones. L’édition 2016 de son enquête sur le marché des drones fait apparaître que 400.000 drones commerciaux seront en exploitation au-dessus de l’Europe en 2050. 100.000 d’entre-eux seront exploités par les acteurs du secteur agricole, 10.000 par le secteur de l’énergie pour la surveillance des installations et des lignes électriques, 50.000 à des fins de surveillance, que ce soit par les forces de police, les pompiers ou la protection civile.

En 2050, la flotte de drones en Europe se composera d’environ 3.000 drones militaires, 415.000 drones commerciaux et  de 7 millions de drones de loisir. (Source: Sesar)

Si l’étude évoque brièvement l’émergence possible de drones de transport de passagers au delà de 2030, les auteurs ne quantifie pas l’impact de ces drones et estiment que les freins sociétaux restent encore très importants de même que des évolutions techniques et réglementaires majeures avant que des passagers embarquent dans un Airbus ou un Boeing sans pilote. Entre temps, le transport de marchandises par des drones légers devrait se démocratiser largement sur le continent. Le rapport évoque ainsi 100.000 drones de livraison qui seront employé dans le cadre de services de E-Commerce « Premium » ou pour livrer des médicaments de manières urgente.

L’Europe doit se doter d’un système de contrôle du trafic aérien pour les drones

Un tel déploiement va nécessiter la mise en place de nouveaux moyens de gestion du trafic aérien au-dessous des 150 m d’altitude, l’actuel plafond pour les drones civils. Les membres du SESAR évoquent la mise en place d’un système de contrôle aérien européen pour les drones, le UTM (pour Unmanned aircraft Traffic Management system) qui va nécessiter un effort en R&D de l’ordre de 100 millions d’euros sur 5 à 10 ans, une somme qui correspond à l’effort engagé outre-atlantique dans ce domaine. Le rapport évoque encore 100 millions de plus pour adapter les technologies en cours de développement par le SESAR pour le trafic aérien traditionnel pour les spécificités des drones.

Au delà de cette volonté du SESAR de régenter les vols de drones commerciaux et ne pas laisser des acteurs tels que Google, Facebook ou Amazon imposer leurs solutions technique, au-delà de la volonté de décrocher de nouveaux financements auprès de l’Union Européenne (une rallonge de 200 M€ !), le rapport pointe l’écart entre les fonds disponibles aux Etats-Unis pour financer les startups du domaine des drones, les moyens engagés par la Chine dans cette conquête du marché des drones et les moyens dont disposent les startups européennes. En dépit du succès de Parrot, les investisseurs européens n’ont injecté que 100 millions d’euros dans le secteur là où les américains investissaient 500 millions d’euros, tandis que le chinois DJI aurait levé entre 100  et 500 millions d’euros à lui seul.

Si l’Europe réussit à prendre ce virage vers le drone, les experts s’attendent à la création de 110.000 emplois dans cette filière pour un impact économique direct et indirect bien plus important. Celui-ci devrait être compris entre 27 et 43 milliards d’euros, soit entre 250.000 et 400.000 nouveaux emplois. Il est grand temps de dédiaboliser le drone sur le vieux continent !

 

Source : “SESAR Drones Outlook Study”, édition 2016

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