STX mise sur la réalité virtuelle et la réalité augmentée pour créer le navire du futur

Très Grand Portique STXIl faut désormais partie du paysage de St Nazaire. Le « Très Grand Portique » des chantiers de l’Atlantique est le plus grands en production en Europe. Installé en 2013, celui-ci pèse 5.000 tonnes, mesure 144 m et peut lever 1.400 tonnes jusqu’à plus de 80 m de hauteur.

Ce que l’on sait moins, c’est que celui-ci à été tout d’abord créé en réalité virtuelle avec le concours des grutiers, ses premiers utilisateurs. Une illustration de la stratégie réalité virtuelle/réalité augmentée de STX France pour faire la différence avec les chantiers navals étrangers.

STX a initié sa stratégie réalité virtuelle en 2009

« STX travaille sur la réalité virtuelle depuis 5 ans, notamment en participant en 2009 au projet VR4D (Virtual Reality for Design) piloté par Clarte » se souvient Jean‐Louis Dautin, Directeur de Clarte, centre de recherche et de transfert de technologies dans le domaine de la réalité virtuelle basé à Laval.

Tous les grutiers ont pu essayer le nouveau portique STX de Saint Nazaire en virtuel, avant le début de sa construction.

Tous les grutiers ont pu essayer le nouveau portique STX de Saint Nazaire en virtuel, avant même le début de sa construction.

« Nous avons installé un équipement au sein même du bureau d’études de STX, un petit équipement de réalité virtuelle qui a permis d’enclencher la démarche en interne, utiliser la réalité virtuelle non pas comme la cerise sur le gâteau, mais comme un véritable outil au service du bureau d’études, utilisé de manière quotidienne. »

Plusieurs projets vont alors bénéficier de la réalité virtuelle, notamment celui du grand portique de Saint Nazaire sur lequel revient Jean‐Louis Dautin : « Nous avons travaillé sur le poste de travail du grutier pour lequel il y avait de vrais enjeux d’ergonomie. Nous n’étions pas sur de l’ergonomie posturale, mais de l’ergonomie d’utilisation : est-ce que le grutier voit bien le bateau, est-ce qu’il voit bien le quai, est-ce que ses pupitres et le tableau de bord sont bien positionnés. Le siège est forcément réel, mais tout le reste était virtuel et nous avons pu ainsi faire une analyse complète du champ de vision à 60 m de hauteur et nous avons pu simuler les manœuvres . Nous avons fait tester aux grutiers les configurations. Au final, tout a été modifié par rapport à ce qui avait été proposé dans le projet initial. » Philippe Piard, responsable de développement pour les filières navale/énergie de l’IRT Jules Verne ajoute : « Les grutiers ont été totalement impliqués dans cette démarche car ce sont eux qui sont les mieux placé pour comprendre les problèmes qu’ils peuvent avoir à leur poste de travail par rapport au positionnement des blocs qui composent les navires. Ils ont tous pu donner leur avis ainsi qu’un responsable de l’ergonomie des usages et c’est seulement après que le projet à été validé. »

La réalité virtuelle, un outil de co-conception avec le client pour STX

STX a conçu un toboggan de 120 mètres sur le MSC Preziosa, équipement contractualisé à partir de sa représentation virtuelle.

STX a conçu un toboggan de 120 mètres sur le MSC Preziosa, équipement contractualisé à partir de sa représentation virtuelle.

Si la réalité virtuelle est un bel outil de communication, un bel outil marketing, elle est aussi un outil de co-conception avec le client. Jean‐Louis Dautin, Directeur de Clarte revient sur le cas de la construction du MSC Preziosa : « Le navire était quasiment construit, mais le client a demandé de rajouter un grand toboggan au niveau de la piscine placée sur le toit du navire. Toute la conception de ce toboggan a été menée en réalité virtuelle avec le client. La contractualisation de la commande de cet équipement complémentaire a été réalisé sur la base de cette conception virtuelle. » Autre application très directe de la réalité virtuelle dans le secteur naval, la maintenance des navires. Philippe Piard souligne : « Quand STX ou DCNS vend un navire, ils assurent la maintenance de ces navires, ce que l’on appelle dans le domaine militaire le MCO, avec le virtuel ils peuvent anticiper les interventions qui vont avoir lieu sur les navires, sachant que ce sont en général des interventions qui sont très lourdes. Par exemple, le Queen Mary lancé voici 10 ans maintenant va recevoir de nouveaux moteurs. STX va participer à ce projet en tant que prestataire et va coordonner les travaux d’intervention : ils ont la zone machine du navire dans leur maquette numérique et vont pouvoir anticiper les différentes phases du projet. »

Genesis, le navire du futur, sera construit en réalité augmentée

LE projet Genesis sera le premier navire à bénéficier des apports de la réalité augmentée dans sa construction.

Le projet Genesis sera le premier navire à bénéficier des apports de la réalité augmentée dans sa construction.

Clarté et STX travaillent aujourd’hui sur le projet Genesis, projet de navire du futur qui fait partie des investissements d’avenir. Là encore, la réalité virtuelle va intervenir en phase de conception et d’aménagement du navire en virtuel pour laquelle STX dispose déjà de tous les logiciels. « Nous travaillons maintenant sur le volet réalité augmentée, dans le cadre de l’aide à la construction » confie Jean‐Louis Dautin, Directeur de Clarte qui ajoute : « Nous travaillons sur ce que, sur un chantier naval, on appelle l’usine à panneaux. Des panneaux immenses sur lesquels les ouvriers doivent poser des éléments. L’objectif est d’aider les opérateurs à poser ou souder une pièce sur le panneau. En réalité augmentée, nous allons le guider pour lui montrer où va se placer sa pièces sur le panneau. Lorsqu’il est au bon emplacement, on va lui projeter de manière simple et naturelle un mode opératoire. Cela peut être par exemple le bon réglage pour son pistolet à souder, avec le type de soudure à réaliser, la puissance à appliquer, etc. » Afficher ces informations en réalité augmentée va beaucoup simplifier le travail des ouvriers, mais le port des lunettes de réalité libère les mains de l’opérateur mais reste contraignantes sur une longue durée, raison pour laquelle STX et Clarte s’oriente plutôt vers une visière de casque équipée d’un afficher de réalité augmentée, visière que l’opérateur peut toujours relever lorsqu’il n’en à pas besoin.

Plutôt que les lunettes de réalité augmentée, STX et Clarte prvilégient les caques à visière.

Plutôt que les lunettes de réalité augmentée, STX et Clarte privilégient les casques à visière.

« Au départ, les ouvriers ne disposaient de plans papier, en 2D. L’étape suivante a été de passer sur plans 3D. C’est déjà plus naturel de voir où la pièce se situe sur le panneau. La troisième étape passe par une tablette qui lui présente la pièce dans l’état dans lequel elle sera une fois installée. Une fléché lui montre où l’installer, ensuite il peut voir comment poser la pièce. La dernière étape, qui est un peu le Graal de notre domaine, ce sont les lunettes de réalité augmentée sur son casque » conclut Jean‐Louis Dautin.

 

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