L’étrange fascination des japonais pour les robots humains

Android-ToshibaToshiba est arrivé à attirer l’attention des médias lors du CES 2015 non pas pour ses technologies de génération d’énergie via l’hydrogène, ses cartes de stockage, ou même ses innovations sur le marché de l’e-Santé, mais pour une hôtesse plutôt hors du commun, une androïde. Baptisée Chihira Aico, cette créature a ainsi volé la vedette aux autres innovations de l’industriel japonais. Ce robot d’apparence humaine est l’un des derniers exemples de robots d’apparence humaine à avoir été mis au point au Japon, un pays où les chercheurs semblent entretenir une passion pour ces troublants robots.

L’androïde « humain », une spécialité de l’université d’Osaka

Le professeur Hiroshi Ishiguro et son Telenoid, à moins qu'il s'agisse de son Geminoid qui ait pris sa place pour la photo.

Le professeur Hiroshi Ishiguro et son Telenoid, à moins qu’il s’agisse de son Geminoid qui ait pris sa place pour la photo.

C’est la grande spécialité du professeur Hiroshi Ishiguro, à la tête de la recherche en robotique de l’université d’Osaka. Depuis le début des années 2000, il crée des robots comme nul autre. Ses Geminoid, Otonaroid, Kodomoroid, Telenoid et Elfoid ont tous un trait en commun, ou plutôt des traits communs. Mis à part les deux derniers, dépourvus de membres, ceux-ci imitent en tous points les êtres humains dans leur apparence et surtout leur façon de communiquer. L’idée est qu’un robot d’apparence humaine pourra communiquer plus facilement avec les humains s’il leur ressemble et s’il peut en reproduire les mimiques et toute leur gestuelle.
Le chercheur star de l’université d’Osaka est allé jusqu’à créer un Geminoid a son effigie. Si, visuellement l’illusion est parfaite, voir ses androïdes à l’oeuvre laisse une impression de malaise. Ceux-ci trahissent assez rapidement leur nature synthétique en dépit des apparences.
Pourtant, c’est bien pour communiquer que Toshiba suit à son tour cette voie. Développé avec aLab Inc., l’université d’Osaka, l’institut de technologies de Shibauraet celui de Shonan, l’androïde présenté par Toshiba sur le CES 2015 est une préversion d’un robot ou plutôt d’un « lifelike communication android » qui devrait être opérationnel à partir de 2020. Celui-ci avait été dévoilé pour la première fois voici quelques mois lors du grand salon japonais CEATEC JAPAN 2014.

Des androïdes prêts en 2020

Toshiba Android

Toshiba a dévoilé pour la première fois son androïde en octobre 2014 lors du salon CEATEC JAPAN.

Pour le CES, Toshiba a baptisé son androïde Chihira Aico, sans doute pour renforcer le côté humain de la « chose ». Mais outre cet apparence humaine où transparaît la patte d’Hiroshi Ishiguro, le robot est capable d’analyser les propos de son interlocuteur et se montre capable, par synthèse de la parole, de lui répondre. Toshiba a développé l’algorithme qui synchronise les 43 axes de mouvement qui doivent rendre réalistes les mouvement du corps et du visage de l’androïde.

Comme annoncé lors du CEATEC, Toshiba a pu présenter son robot lors du CES pour animer son stand. Lorsque sa technologie sera finalisée, son « robot social » pourra jouer le rôle de téléconseiller, de robots d’assistance pour les malades et personnes âgées. 5 ans de travail seront encore nécessaires pour atteindre cet objectif, Hitoshi Tokukda, le « créateur » de Chihira Aico estime que l’androïde sera prêt pour les Jeux Olympiques de 2020 qui auront lieu à Tokyo.

 

Sources :

 

« The ‘human’ side of robots at electronics show », JapanToday, 10 janvier 2015
« Toshiba’s android Chihira Aico is ready to work and play », News.com.au, 10 janvier 2015
« Japanese professor creates uncanny human-like android robots », NY Daily News 20 novembre 2014
« Toshiba Corporation Develops Lifelike Communication Android », Communiqué de presse Toshiba, 6 octobre 2014
« Human or Machine? Life-Like Android Robots from Japan Show Glimpses of the Future », International Business Times, 24 juin 2014

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