IIA 2017 : A quoi ressemblera la voiture autonome de niveau 5 ?

Certains les annoncent pour 2021, mais il faudra sans doute attendre 2030 voire un peu plus avant de les emprunter sur routes ouvertes, les voitures autonomes de niveau 5 font fantasmer les constructeurs automobiles et leurs designers. Dépourvues de volants et de pédales, ces véhicules de demain seront aussi électriques. Débarrassés des contraintes liés au de moteur thermique et aux lourdes transmissions, les voitures autonomes du futur consacreront l’essentiel de leur espace intérieur aux confort des passagers (et, accessoirement, aux batteries). Des caractéristiques techniques qui vont bouleverser l’automobile telle qu’on l’entend aujourd’hui et sur laquelle chaque constructeur apporte sa propre vision.

Chaque constructeur automobile se doit de montrer un concept car autonome

Le Concept i de Toyota, très original à l’extérieur mais très classique dans son concept intérieur.

Le salon automobile de Francfort a été l’occasion pour plusieurs constructeurs automobiles de dévoiler leur vision de la voiture autonome du futur. Audi y a notamment dévoilé le concept Aicon, une voiture extérieurement assez classique, mais dépourvue de volant et de pédales. Il s’agit en effet d’une voiture autonome de niveau 5, c’est à dire ne nécessitant plus l’attention du conducteur. Le concept car présenté par Audi à Francfort a quelque peu déçu tant ses lignes ont parues sages et plus réalistes que le fantastique concept Long Distance Lounge (LDL) présenté quelques mois plus tôt par le constructeur d’Ingolstad. Cette sagesse retrouvée montre qu’il faudra du temps pour les constructeurs automobiles traditionnels pour faire bouger les lignes et faire oublier la voiture telle qu’on la conçoit aujourd’hui.

Relativement conventionnelle à l’extérieur, l’Audi Aicon présentée lors de l’IIA 2017 se distingue par l’absence de volant.

L’autre annonce de l’IIA Frankfurt est venue du groupe Daimler. Après l’incroyable F 150 de 2015, palace roulant aux sièges retournables, c’est à sa marque Smart de proposer une autre approche de la voiture autonome? Sa smart-vision-EQ reste une petite citadine à deux places mais là encore ni volant, ni pédales. Un écran panoramique permet aux passager de programmer leur destination, puis de bénéficier des  applications d’infotainement de la voiture, en attendant que celle-ci les mène au point d’arrivée.

Réponse de Renault au Mercedes F150 de 2015, le Symbioz doit débuter ses essais en fin d’année.

Les constructeurs allemands ne sont pas les seuls à faire travailler sur ces nouveaux concepts de voitures autonomes. Renault y a dévoilé son « concept car » Symbioz, une voiture autonome de niveau 5 que la taille et le concept place entre la Mercedes F 150 et l’Audi Aicon. Le constructeur français affirme que ce démonstrateur roulant commencera ses tests en fin d’année 2017, sachant que la date de commercialisation visée serait 2030. Rival de toujours, Peugeot avait déjà dévoilé une machine comparable sur le salon de Genève 2017 avec un 4×4 Hybride de 300 ch, le Peugeot Instinct Concept. Si celui-ci disposait d’un volant amovible, le concept sochalien reste plus classique, avec des sièges qui reste fixes dans le sens de la marche. Volvo et dernièrement BMW avec sa Vision Next ont eux aussi montré des formules comparables, avec un volant qui vient s’escamoter dans le tableau de bord afin de libérer de l’espace dans l’habitacle.

Les visions en rupture tardent à s’imposer

Si ces constructeurs considèrent la voiture autonome comme une simple évolution des véhicules actuels, d’autres explorent des voies plus radicales. C’est le cas de Volkswagen qui a dévoilé sur le salon de Genève son Sedric, un concept qui est probablement l’antithèse de la voiture passion cultivée par les designer. Brocardé sur les réseau sociaux, ce petit véhicule a été comparé par certains à une cabine de téléphérique à roulettes, d’autres y voient un hommage aux séries de science-fiction des années 70, le Sedric ressemble beaucoup aux navettes automatiques déjà commercialisées par Navya et EZ10 d’EasyMile, mais elle est limitée à 4 places. Plus qu’un véhicule commercialisable à termes, le groupe VW a fait de ce petit véhicule la plateforme laboratoire des systèmes qui équiperont à termes les véhicules commercialisés sous ses différentes marques.

La voiture du futur des constructeurs automobiles actuels diffère encore largement de celle qu’imaginent les cinéastes (ici Minority Report).

Cette piste des modules de transports automatisés n’est bien évidement pas la piste de recherche principale des constructeurs automobiles puisque la mutualisation des moyens de transports engendrera mécaniquement une réduction drastique du nombre de véhicules nécessaire au déplacement des populations. Il faudra sans nul doute attendre de nombreuses décennies et voir défiler plusieurs générations de véhicules autonomes avant qu’un réseau de modules de transport autonomes en libre service ne s’impose.

 

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