World Economic Forum : Quels sont les 5 millions d’emplois menacés par la 4e révolution industrielle ?

WEF5 millions d’emplois détruits sur la période 2015-2020, c’est le chiffre choc de l’étude « The Future of Jobs / Employment, Skills and Workforce Strategy for the Fourth Industrial Revolution » que vient de publier le World Economic Forum. La 4e Révolution industrielle est le thème central de l’édition 2016 du sommet de Davos. Celle-ci s’annonce rude pour bon nombre de catégories de salariés mais ce n’est pas dans l’industrie elle-même que l’impact sera le plus fort.

La 4e révolution : le cauchemar de l’employé de bureau

Net-employment-outlook-by-job-familyLe compte n’est est pas. Les économistes qui affirment que la prochaine révolution industrielle, celle du digital, de la robotique, de l’intelligence artificielle permettra de générer plus d’emploi dans les nouveaux secteur qu’elle n’en détruira dans les entreprises traditionnelles vont pouvoir réagir à ce rapport du World Economic Forum. Cette « diruption » ou uberisation de nos économies va détruire des emplois. Certes les nouvelles technologies vont créer des emplois, beaucoup d’emplois, c’est vrai, mais ceux qui seront remplacés par des algorithmes, des applications mobiles ou des robots seront bien plus nombreux. Sur la période terriblement courte 2015-2020, 2 millions d’emplois vont être créés contre 7,1 millions de postes détruits, soit un solde négatif de 5,1 millions d’emplois au niveau mondial. Surprise, ce que montre l’étude, c’est que ce ne sont pas les ouvriers qui paieront le plus lourd tribut de cette transformation rapide de notre économie. Sur les 7,1 millions d’emplois menacés, 4,7 millions seront des emplois des postes administratifs et de bureau. Dans les usines, ce sont 1,6 million d’emplois qui vont disparaître et près de 500 000 dans le secteur de la construction et l’extraction (minière et d’énergie)

Le mobile, le Cloud et le Big Data, principaux moteurs du changement

Drivers-of-changeSi les robots sont souvent pointés du doigt comme les fossoyeurs des emplois, seulement 9% des responsables d’entreprise ; interrogés classe la robotique comme le facteur numéro 1 de  transformation de leur activité. L’impact du mobile est jugé bien plus important. Il est cité par 34% des responsables, contre 26% qui misent sur le Big Data et 22% les nouvelles énergies. Visiblement encore méconnu, le potentiel de l’Internet des objets n’est évoqué que par 14% des répondants. Quant à l’Intelligence artificielle, la discipline qui suscite probablement le plus de fantasmes, n’est cité que par 7% des responsables. L’impression 3D est encore plus méconnue : seuls 6% des répondants l’ont classé en tête des facteurs de changement.

La place de la France menacée par cette nouvelle révolution industrielle

Dans cette transformation, des entreprises vont prendre l’ascendant sur les autres, des pays tireront mieux profit de ces nouvelles technologies et de ce bouleversement du marché du travail que d’autres.Baxter-Manufacturing
A ce jeu, la France pourrait bien souffrir davantage que ses voisins. Des emplois seront créés dans le secteur informatique, dans les cabinets d’architecte ou en engineering, par contre de nombreux secteurs seront touchés de plein fouet par cette nouvelle vague de modernisation. Commerces, employés de bureau, administratifs, ouvriers, personnel de gestion mais aussi les secteurs de  la finance et du juridique vont voir leurs effectifs fondre. Un diagnostic alarmant surtout si on le compare à celui de l’Allemagne. Des emplois y seront détruits parmi les postes administratifs, la finance et même dans les usines, mais le solde sera positifs chez les commerciaux, les transports et la logistique et, bien évidemment, l’informatique. Si l’économie française fait preuve d’un dynamisme certain du côté de ses startups, les entreprises plus traditionnelles risquent d’avoir bien du mal à traverser cette nouvelle révolution industrielle sans casse.

Source : « The Future of Jobs / Employment, Skills and Workforce Strategy for the Fourth Industrial Revolution », Rapport du World Economic Forum, Janvier 2016

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